L’entreprise a offert ses services à l’Alberta pour transporter des vaccins.

Marie-Eve Fournier Marie-Eve Fournier
La Presse

Connue pour ses boîtes de repas prêts à cuisiner, Goodfood est en train de devenir une véritable épicerie en ligne, avec l’ajout imminent de fruits et légumes frais à son offre. L’entreprise montréalaise propose aussi un service de livraisons illimitées d’aliments le jour même à Montréal.

Goodfood vend déjà 550 produits arborant son nom. De l’huile d’olive, du lait, du beurre d’arachide, des tablettes de chocolat et des épices…

Mais une nouvelle étape assez délicate sera franchie avec l’ajout de fruits et légumes frais dans le catalogue. Il y en aura une cinquantaine d’ici six mois, a précisé à La Presse le cofondateur et chef de la direction de Goodfood, Jonathan Ferrari. « On y va de façon graduelle, on veut rassurer les clients, car la fraîcheur des fruits et légumes, c’est le critère pour évaluer la qualité du service. »

Des fournisseurs locaux seront trouvés dans chaque province, et ceux-ci devront effectuer des livraisons quotidiennes aux entrepôts de Goodfood. « On va essayer de tourner l’inventaire chaque jour », affirme le dirigeant de 32 ans.

L’entreprise vise ultimement une sélection de 4000 aliments. En comparaison, Costco tient 1000 produits d’épicerie et un supermarché traditionnel, 20 000.

Au cours du dernier trimestre, Goodfood a vendu 500 000 produits de marque privée, a-t-on appris au cours de l’assemblée annuelle des actionnaires, mercredi. « C’est 13 fois plus qu’au cours de la même période l’an dernier et c’est 65 % plus qu’au trimestre précédent », a précisé Jonathan Ferrari.

Nouveau service WOW

En octobre, Goodfood a lancé un nouveau service de livraison le jour même dans la région de Montréal. Pour 9,99 $ par mois, les clients de WOW peuvent passer autant de commandes (de 35 $ et plus) qu’ils le veulent sans frais de livraison additionnels. Dans leur panier, ils peuvent déposer des aliments et des repas.

Dans le marché, les épiceries exigent entre 6 et 15 $ pour une seule livraison [somme qui inclut les frais d’assemblage], nous, c’est illimité pour moins de 10 $.

Jonathan Ferrari, cofondateur et chef de la direction de Goodfood

C’est à se demander comment l’entreprise compte faire de l’argent avec un tarif si bas. « Notre modèle est entièrement intégré verticalement », répond le dirigeant, avant d’ajouter qu’il mise beaucoup sur l’automatisation et les économies d’échelle.

Jusqu’ici, 60 % des abonnés sont de nouveaux clients « qui ne cherchent pas nécessairement des boîtes-repas, mais cherchent de la flexibilité », ce qui fait dire au dirigeant que ce nouveau service « est un important vecteur de croissance ».

Dans les prochains mois, Goodfood WOW sera mis en place dans la région de Toronto, où un centre de distribution de 200 000 pieds carrés est en construction. Il s’agit du septième au pays pour l’entreprise et de son plus grand.

De la boîte… au sac

Dans un effort de réduction de 50 % de ses emballages – pour des raisons économiques et écologiques –, Goodfood utilise maintenant des sacs en papier pour approvisionner 50 % de ses clients. L’utilisation de camions réfrigérés « nous permet d’enlever les boîtes isolantes et les ice pack », raconte Jonathan Ferrari. Les états financiers font état d’une baisse notable des coûts d’emballage, tandis que le coût des aliments est stable.

Transport de vaccins

Goodfood a par ailleurs proposé son aide à l’Alberta et à d’autres provinces pour transporter des vaccins vers les lieux de vaccination, nous a raconté Jonathan Ferrari. Le but n’est pas de faire des profits ni de développer un nouveau créneau, mais de donner un coup de pouce « dans une province particulièrement touchée ». L’entreprise montréalaise a aussi donné des boîtes isolantes et de la glace carbonique (dry ice) au gouvernement albertain. Jusqu’ici, les services de Goodfood pour le transport n’ont pas été requis.

Résultats du 1er trimestre clos le 30 novembre*

Chiffre d’affaires : 91,4 millions, en hausse de 62 %

Perte nette : 2,4 millions, comparativement à une perte nette de 5,2 millions

Perte nette par action : 0,04 $, comparativement à une perte nette par action de 0,09 $

Clients : 306 000 (+ 76 000 depuis un an)

Employés : 4000 (+ 1500 depuis un an)

*Par rapport au même trimestre en 2019, sauf indication contraire

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