Le grand patron d’Aphria, Irwin Simon, voit d’un bon œil l’arrivée au pouvoir du démocrate Joe Biden, dont l’investiture en tant que président des États-Unis aura lieu la semaine prochaine.

Tara Deschamps
La Presse Canadienne

Le chef de la direction du producteur de cannabis de Leamington, en Ontario, vise le marché des États-Unis, où les règles fédérales sont encore restrictives.

« Les récentes élections offriront probablement un plus fort potentiel de changement à court terme pour la réglementation fédérale sur le cannabis, et chez Aphria, nous sommes prêts et bien positionnés pour cela », a fait valoir M. Simon lors d’une conférence téléphonique avec des analystes financiers pour discuter des plus récents résultats financiers de la société.

« Nous nous attendons à ce que le changement se produise plus rapidement et que les décisions soient prises plus tôt sous la nouvelle administration démocrate. »

Les dirigeants de plusieurs concurrents d’Aphria partagent le même enthousiasme que M. Simon par rapport à l’investiture de M. Biden.

Le parti de M. Biden est derrière le Safe Banking Act, un projet de loi qui permettra aux institutions financières de travailler avec les entreprises de cannabis sans rétribution. Le président désigné et sa colistière Kamala Harris se sont prononcés en faveur de la décriminalisation du cannabis et de l’élimination des casiers judiciaires liés à sa possession.

Par l’entremise de référendums effectués sur les bulletins de vote de la récente élection, cinq États — l’Arizona, le New Jersey, le Dakota du Sud, le Mississippi et le Montana — ont également voté en faveur de la légalisation du cannabis récréatif ou médical.

M. Simon positionne Aphria pour tirer parti de ces développements avec une infrastructure évolutive sur laquelle elle a mis la main en novembre, lors de l’acquisition, pour 300  millions US, de SweetWater Brewing, établie à Atlanta.

Sweetwater a également permis à Aphria d’obtenir l’accès à un réseau de relations, principalement américaines, comprenant 29 000 détaillants, plus de 10 000 restaurants et bars et même la ligne aérienne Delta.

M. Simon croit que ces actifs seront utiles alors que l’opinion publique entourant le cannabis change aux États-Unis. Il affirme qu’au moins 68 % des Américains sont déjà en faveur de la légalisation.

Les remarques de M. Simon surviennent environ un mois après l’annonce que sa société fusionnerait bientôt avec sa rivale Tilray, établie à Nanaimo, en Colombie-Britannique. Ensemble, les deux groupes deviendront la plus grande société de cannabis au chapitre des revenus.

Si l’accord se conclut comme prévu au deuxième trimestre de 2021, M. Simon dirigera la nouvelle entreprise, qui adoptera le nom Tilray et dont les actions seront négociées sur le NASDAQ sous le symbole TLRY.

Pour les mois qui ont précédé la signature de cet accord, Aphria a affiché jeudi une perte trimestrielle de 120,6  millions, soit 42 cents par action, comparativement à une perte de 7,9  millions, ou 3 cents par action, un an plus tôt.

Les revenus nets du deuxième trimestre d’Aphria ont cependant totalisé 160,5  millions, alors qu’ils avaient été de 120,6  millions lors de la même période de l’année précédente.

Sur une base ajustée, Aphria a affiché un profit de 3,2  millions, ou 1 cent par action, pour le trimestre clos le 30 novembre, ce qui se comparait à une perte ajustée de 48,8  millions, ou 19 cents par action, un an plus tôt.

Les analystes s’attendaient en moyenne à une perte ajustée de 3 cents par action et à des revenus de 154  millions, selon les prévisions recueillies par la firme de données financières Refinitiv.

L’action d’Aphria a pris jeudi 2,55 $, soit 20,1 %, pour clôturer à 15,25 $ à la Bourse de Toronto.