(Paris) La RATP et SNCF Voyageurs ont annoncé mercredi avoir attribué au consortium associant les constructeurs canadien Bombardier Transport et espagnol CAF la commande de 146 nouveaux trains pour la ligne B du RER francilien (Réseau express régional d'Île-de-France), face au géant français Alstom - qui va bientôt reprendre Bombardier.

Agence France-Presse

L’annonce du jour met fin, au moins provisoirement, à une bataille judiciaire autour de ce contrat de 2,56 milliards d’euros, financés par Île-de-France Mobilités.

Les premiers trains sont attendus fin 2025 sur le RER B, important axe nord-sud de l’Île-de-France qui dessert traverse tout Paris et dessert notamment l’aéroport Charles-de-Gaulle, transportant environ un million de personnes par jour (hors pandémie).  

Baptisés MI20 (pour matériel d’interconnexion commandé en 2020) après avoir été longtemps désignés sous l’acronyme Ming (matériel d’interconnexion de nouvelle génération), les nouveaux trains alternant des voitures interconnectées à un et deux niveaux offrent 20 % de capacité supplémentaire par rapport aux rames actuelles et sont plus accessibles, selon un porte-parole de Bombardier.  

Capables de rouler à 120 km/h, ils pourront transporter 1071 passagers, dont 342 assis, et offriront 176 points de recharge USB, selon la RATP, qui avait la main dans la procédure d’appel d’offres.

Bombardier dispose d’une grosse usine à Crespin, près de Valenciennes (Nord), tandis que CAF a racheté il y a quelques années une usine à Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées).

Les deux étaient opposés au géant français du ferroviaire Alstom - lequel doit absorber Bombardier Transport le 29 janvier -, qui avait saisi la justice pour contester la procédure.

Le Tribunal judiciaire de Paris avait partiellement suspendu la procédure le 17 décembre en demandant une reprise de certains éléments.  

Premiers trains en 2025

« La RATP et la SNCF Voyageurs ont alors décidé de se pourvoir en cassation tout en mettant, sans délai, en application la décision du tribunal permettant d’avancer dans l’attribution du marché », ont précisé les deux entreprises publiques dans un communiqué commun, ajoutant que les candidats avaient eu jusqu’au 4 janvier pour déposer leurs offres complémentaires.  

En outre, un recours devant le Tribunal administratif de Paris engagé par Alstom a été rejeté mercredi, ce qui a validé « la conformité de la procédure suivie » et ouvert ainsi « la voie à la RATP et SNCF Voyageurs (pour) attribuer le marché ».

Les deux opérateurs font part de leur volonté « de tout mettre en œuvre pour permettre une signature du marché dans les meilleurs délais et ceci, au bénéfice des Franciliens, dont le quotidien va être amélioré par ces nouveaux matériels ».

« Sous réserve d’éventuels recours, la signature pourra se faire après un délai légal de 11 jours », ont-elles relevé.

« Alstom prend note et regrette » l’annonce de l’attribution du marché, a indiqué une porte-parole du constructeur français.

Celui-ci avait « a manifesté depuis plusieurs mois (en septembre et en octobre) ses inquiétudes sur des irrégularités dans la procédure d’appel d’offres » et « sera attentif au fait que ce contrat soit bien attribué dans le respect du droit », a-t-elle ajouté.

« Alstom souhaite tout mettre en œuvre pour s’assurer, en tant que repreneur de Bombardier, de la viabilité économique du projet, et ainsi permettre le respect de la planification initial fixé par la RATP, à savoir la livraison des premiers trains fin 2025 », a-t-elle encore relevé, sur une note plus optimiste.

Bombardier Transport s’est dit de son côté « satisfait de la confiance accordée » par les deux groupes publics, selon le porte-parole contacté par l’AFP.