La remise en ordre des activités canadiennes du gros quincaillier Lowe’s, incluant son réseau de magasins Rona, continue de coûter cher à ce colosse américain du marché de la rénovation.

Martin Vallières Martin Vallières
La Presse

Dans ses résultats de fin d’exercice, divulgués mercredi, Lowe’s confirme la comptabilisation de frais de restructuration additionnels de 175 millions US pour ses activités au Canada durant son quatrième trimestre, qui s’est terminé le 31 janvier 2020.

Cette somme s’ajoute aux 53 millions US en frais de restructuration que Lowe’s avaient déjà comptabilisés lors du trimestre précédent, terminé le 1er novembre 2019.

Ces deux montants successifs portent à 230 millions US le total des frais de restructuration comptabilisés par Lowe’s depuis un an dans ses efforts de remise à niveau de ses activités au Canada.

Depuis un peu plus d’un an, Lowe’s a notamment procédé à la fermeture de 65 de ses établissements au Canada, dont 61 magasins.

Le quincaillier a aussi entrepris une réorganisation majeure des activités de gestion chez sa filiale Lowe’s Canada, toujours établie à Boucherville depuis l’acquisition de Rona en 2016. Cette réorganisation a ciblé surtout la gestion des stocks en magasin et des services aux détaillants, en plus de provoquer le transfert de l’informatique de gestion vers le système central de Lowe’s à son siège social de la Caroline du Nord.

Plus récemment, Lowe’s a nommé un nouveau président à sa filiale canadienne, Anthony (Tony) Hurst, un Américain, ainsi qu’un nouveau vice-président principal à la commercialisation, Chris West.

« Nous demeurons confiants envers le potentiel à long terme de nos affaires au Canada, et je crois que Tony et Chris sont les bonnes personnes pour diriger Lowe’s Canada lors de ce nouveau chapitre excitant pour nos clients et nos employés », a indiqué le chef de la direction de Lowe’s, Marvin Ellison, lors de la présentation des résultats trimestriels.

Ventes canadiennes en baisse

Dans ces résultats, d’ailleurs, la sous-performance des activités canadiennes a continué de se démarquer par rapport aux activités principales de Lowe’s aux États-Unis, déjà elles-mêmes en peine face à la performance du concurrent Home Depot.

Car au-delà des 230 millions US en frais de restructuration, la performance commerciale de Lowe’s Canada, mesurée surtout par l’évolution des ventes de magasins comparables sur un an, était encore « légèrement négative ».

Interpellé à ce sujet lors de la téléconférence trimestrielle d’analystes, mercredi, le chef financier de Lowe’s, David Denton, a dit s’attendre à ce que la sous-performance des activités canadiennes nuise encore cette année à la rentabilité d’exploitation de toute l’entreprise, mais il s’attend aussi à ce que la situation au Canada soit « un petit peu meilleure » que l’an dernier.

Recul en Bourse

Entre-temps, en Bourse, les investisseurs ont manifesté leur déception envers les résultats de fin d’exercice et les perspectives d’affaires énoncés par la direction de Lowe’s. Ils ont laissé choir ses actions de 6 %, à 111 $US, en cours de séance, mercredi à la Bourse de New York. Cette valeur boursière s’est redressée un peu par la suite pour terminer en baisse de 4 %, à 113 $US par action, à son plus bas en trois mois.

Pour l’essentiel, Lowe’s a annoncé des revenus de 16,03 milliards US au quatrième trimestre terminé le 31 janvier, en hausse annualisée de 2,4 %, mais inférieurs aux attentes des analystes.

Pire encore, les ventes de magasins comparables sur un an – une mesure-clé parmi les détaillants – ont crû de seulement 2,5 % durant ce quatrième trimestre. Ce taux s’avère inférieur d’un point de pourcentage aux prévisions et même inférieur de moitié au taux de croissance atteint chez son principal concurrent, Home Depot. Et ce, alors que le marché de la réno-construction résidentielle aux États-Unis est considéré comme à son plus fort depuis 2006.

Sur le plan de sa rentabilité d’exploitation, Lowe’s n’a guère fait mieux lors de son dernier trimestre par rapport à l’an dernier, après les ajustements comptables suscités par les frais de restructuration et de radiation d’actifs considérables chez sa filiale Lowe’s Canada.

Quant à ses prévisions de bénéfices pour son prochain exercice, Lowe’s a aussi déçu les investisseurs en Bourse en faisant part d’une cible d’environ 6,50 $US par action, soit près de 2 % inférieure à la moyenne des prévisions d’analystes.

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