Le parfum sucré des biscuits Whippet et Pattes d’ours continuera de se propager dans les rues de Saint-Lambert, sur la Rive-Sud, jusqu’à l’automne 2021. La fermeture de l’usine Dare a été reportée de plus d’un an.

Marie-Eve Fournier Marie-Eve Fournier
La Presse

L’usine « flambant neuve » de Cambridge, en Ontario, où devait être transférée la production de biscuits il y a quelques mois, n’est tout simplement pas prête. Les diverses restrictions en lien avec la pandémie ont ralenti le travail, explique le porte-parole Marc Duchesne, de la firme Ryan Affaires publiques.

Les quelque 200 employés de Saint-Lambert ont appris la nouvelle il y a un mois. « Ils n’arrêtent pas de repousser la fermeture […] Les gens sont rendus au stade que ça fait un peu “bof”. On n’est pas surpris. On s’y attendait », rapporte Sylvain Gagné représentant international du Syndicat International des Travailleurs et Travailleuses de la Boulangerie, Confiserie, Tabac et Meunerie (BCTM).

Inaugurée en 1963, l’usine de la rue Saint-Charles avait « besoin de rénovations et d’être agrandie », rappelle M. Duchesne. Or, cela est impossible puisqu’elle est enclavée entre un chemin de fer, un terrain de baseball, un immeuble commercial et des résidences.

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PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

L’usine Dare de Saint-Lambert

Plutôt que de chercher un autre terrain au Québec, Dare a préféré « centraliser sa production » à Cambridge, près de son siège social, ce qui lui permettra de « réduire ses coûts » dans une industrie dominée par le géant Mondelez. Ce sera alors la fin des Whippet fabriqués au Québec. Le populaire biscuit à la guimauve et au chocolat avait été créé en 1901 par la biscuiterie Viau.

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Le report de la fermeture survient alors que la demande de biscuits est particulièrement forte, selon le syndicat, qui n’était pas en mesure cependant d’en chiffrer l’ampleur. Le représentant de Dare n’a pas souhaité fournir d’informations à ce sujet. Chose certaine, « les employés font des heures supplémentaires. Ils en ont toujours fait, mais là, ils en font plus », dit M. Gagné, précisant que « toutes les usines » qu’il représente font face à des hausses.

Une fois l’usine lambertoise fermée, Dare aura encore une présence au Québec, à Sainte-Martine, en Montérégie. On y fabrique notamment les biscottes et croûtons de marque Grissol.

Éclosion de COVID-19

Quelques jours après avoir appris qu’ils conserveraient leur emploi une année de plus que prévu, les employés ont toutefois dû composer avec une éclosion de COVID-19. Selon le syndicat, « 14 personnes ont réellement souffert, avec des symptômes ». Mais d’autres l’ont contractée. C’était au début de décembre.


Selon le CISSS de la Montérégie-Centre, il y a eu « 28 cas positifs à la suite du dépistage effectué » et Dare a pris la décision de fermer son usine quelques jours. En outre, « on a rapidement augmenté les mesures de distanciation physique » et une équipe médicale est venue sur place prendre la température des employés, a détaillé Marc Duchesne.

Il s’agissait de la première éclosion de la maladie dans cette usine depuis le début de la pandémie au Québec, selon le syndicat.