Sortir du bureau et partager un repas avec ses collègues dans une ambiance festive : mission impossible en ces temps de pandémie ? Pas pour Annie-Claude Devriese, directrice générale de la Maison Notman qui multiplie les efforts pour organiser un party de Noël pour son équipe – composée également des organisations Montréal Inc. et Bonjour Startup Montréal – donnant l’impression de se retrouver au milieu d’une fête digne de ce nom.

Nathaëlle Morissette Nathaëlle Morissette
La Presse

« Normalement, le but d’un party de Noël, c’est de sortir du bureau, lance d’emblée Mme Devriese. On utilise beaucoup Zoom, Teams et Google Meet au quotidien. Donc, on voulait trouver une plateforme différente pour donner l’idée qu’on sort du bureau. »

En cette année de pandémie, le fait de motiver les troupes et de reconnaître la contribution des employés n’aura jamais été aussi important, souligne l’Ordre des conseillers en ressources humaines agrégés.

Mais le contexte actuel donne des maux de tête aux organisateurs des fêtes de Noël. « C’est sûr que c’est tout un défi, admet Mme Devriese. On est tous tannés de faire des rencontres virtuelles. »

Pour sortir du cadre habituel des réunions de travail, son équipe et elle ont opté pour la plateforme Rally. Celle-ci permet de « passer » d’une table à l’autre, comme si les convives étaient au restaurant.

« Il y a toujours un bruit de fond : des ustensiles, de la musique. On se sent vraiment ailleurs », ajoute la directrice de la Maison Notman.

Et les paillettes seront de mises. Pour inciter les gens à délaisser leur tenue de télétravail, souvent composée de leggins et de chandails en coton ouaté, on a même décidé d’organiser un concours pour les vêtements les plus élégants. « On veut que les gens s’habillent », précise-t-elle, un sourire dans la voix.

La nourriture, un élément-clé

En plus de l’ambiance et de l’apparence soignée des convives, le choix du repas que chacun dégustera occupe une place prépondérante pour les organisateurs. C’est le cas chez Google Cloud Platform. L’entreprise donnera à ses employés des bureaux de Montréal, de Québec et des Maritimes la possibilité de participer à un atelier de confection de bagels ou de préparation de chaï alcoolisé grâce à Cholla, spécialisée dans les expériences virtuelles, explique Marie-Claude Elie, directrice grandes entreprises pour Google Cloud Platform. Chacun recevra sa boîte et pourra ensuite prendre part à l’atelier en ligne en compagnie de ses collègues.

« On est vraiment contents, affirme Mme Elie, qui ajoute que beaucoup d’employés des différents bureaux n’ont pas encore eu la chance de se rencontrer puisqu’il s’agit d’une nouvelle équipe. Ça nous permet de faire des choses différentes. Ça va nous permettre d’apprendre comment faire de bons bagels », lance-t-elle en riant.

Du côté de la Maison Notman, Montréal Inc. et Bonjour Startup Montréal, on a décidé d’encourager un restaurateur local pour la fête virtuelle. La livraison sera effectuée par les employés, idéalement des représentants de la direction, explique Mme Devriese. « On va prendre des photos en temps réel des livraisons, ajoute-t-elle. On veut que les gens aient à travailler leur assiette donc on va faire un concours de présentation. »

La quarantaine d’employés du siège social de Groupe Sportscene, qui exploite les restaurants La Cage Brasserie-Sportive, aura aussi à « travailler » avant de déguster son plat. Les gens devront se faire livrer ou aller chercher une boîte de repas prêt à cuisiner à la Cage la plus près de chez eux, comme des tacos de poisson ou encore un tartare de bœuf, par exemple.

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Jean Bédard, président de Sportscene

« Les gens discutent ensemble, préparent leur bouffe et, ensuite, ils vont tous se joindre à un spectacle [virtuel] qui a lieu dans une Cage à Québec », décrit Jean Bédard, président de Sportscene.

De vraies rencontres

Chez AlayaCare, fournisseur d’un logiciel de soins à domicile, les fêtes de Noël demandent une très grande organisation. « On a huit bureaux dans quatre régions autour du monde, explique Andrea Senchey, responsable du département des Solutions internes pour la société. Habituellement, on fait un party de Noël dans chacune des quatre régions. Mais cette année, on fait 12 journées [d’activités]. »

En plus des ateliers virtuels, Mme Senchey a organisé pour l’équipe de Montréal de vraies rencontres. Des soirées de karting par petits groupes où chacun sera dans son véhicule ainsi qu’une journée de ski figurent à l’horaire des festivités. « C’est tellement fou, dit-elle, enthousiaste. On travaille fort. »

Les organisateurs interrogés ont tous souligné l’ampleur du défi logistique entraîné par la préparation des fêtes de bureau en temps de COVID-19.

Mais le jeu en vaut la chandelle, selon Noémie Ferland-Dorval, conseillère en Affaires publiques à l’Ordre des conseillers en ressources humaines agrégés. « C’est sûr qu’avec le contexte actuel, l’année éprouvante que les gens ont vécue, je pense que pour les organisations, de prendre un moment pour reconnaître la contribution des employés et pour motiver les troupes, c’est plus important que jamais », soutient-elle.

Et pour bien des entreprises, il n’était pas question d’attendre décembre 2021 avant de célébrer de nouveau. « Tout le monde a eu son lot de défis, ajoute Annie-Claude Devriese. Je pense que c’est super important de se retrouver tout le monde ensemble. C’était hors de question qu’on passe à côté de ça. »

Exemples de festivités populaires en temps de COVID-19

Ateliers culinaires virtuels
Présentation d’un spectacle
Livraison de cartes cadeaux SAQ pour ensuite trinquer devant son écran avec les collègues
Utilisation de plateformes comme Rally qui permet de « passer » d’une table à l’autre pour discuter avec un maximum de convives
Utilisation du budget du party de Noël pour offrir des paniers cadeaux