Hydro-Québec prévoit que les ventes d’électricité au Québec souffriront des impacts de la COVID-19 jusqu’en 2026, surtout en raison d’une réduction de la consommation industrielle.

Hélène Baril Hélène Baril
La Presse

Les surplus actuels d’électricité mettront plus de temps à se résorber, prévoit aussi la société d’État dans la mise à jour de ses prévisions pour les 10 prochaines années déposées vendredi à la Régie de l’énergie.

De 2020 à 2026, les ventes d’électricité seront inférieures à ce qu’Hydro prévoyait l’année dernière. Même si l’économie du Québec devrait avoir récupéré en 2022 le terrain perdu, la croissance sera ralentie par l’endettement des gouvernements et le vieillissement de la population, prévoit la société d’État.

La baisse prévue de la consommation s’explique par la réduction de la consommation des grands clients industriels, surtout ceux du secteur des pâtes et papiers dont la décroissance sera accélérée par la pandémie.

Hydro prévoit donc une longue convalescence et un manque à gagner important. Pour l’année 2020 seulement, le bénéfice net devrait être de 500 millions à 1 milliard de moins que la prévision de 2,9 milliards, a déjà indiqué sa présidente-directrice générale, Sophie Brochu.

À partir de 2027, la consommation d’électricité devrait reprendre du tonus et même dépasser les prévisions faites l’an dernier. Sur l’ensemble de la période, 2020-2029, les ventes d’électricité devraient augmenter de 9 %.

Les sources de cette croissance sont l’électrification des transports, la conversion du chauffage au mazout et les ventes aux centres de données. Des ventes additionnelles sont aussi prévues dans la fabrication d’hydrogène et dans la biométhanisation.

Hausse de tarifs à venir

Malgré la baisse de ses revenus, Hydro-Québec devra limiter sa prochaine hausse de tarifs au taux d’inflation, selon les nouvelles règles du jeu établies par le gouvernement qui exempte désormais l’entreprise de faire approuver ses augmentations par la Régie de l’énergie.

L’augmentation des tarifs d’électricité qui s’appliquera à compter du 1er avril 2021 sera équivalente au taux d’inflation au Québec mesuré par l’Institut de la statistique du Québec. Il sera connu sous peu, a indiqué hier la société d’État.

Par ailleurs, Hydro-Québec prévoit toujours d’avoir besoin de puissance supplémentaire pour satisfaire la pointe hivernale. Ces nouveaux besoins sont toutefois repoussés d’un an, de 2025 à 2026, à cause de l’impact de la COVID-19.

Hydro entend lancer dès l’an prochain les démarches en vue d’acquérir de l’énergie, au moyen d’un appel d’offres ou autrement.