Après avoir fait le plein de 53 millions en argent frais, AddÉnergie passe à une vitesse supérieure. L’entreprise veut doubler sa production de bornes de recharge et embaucher 125 employés de plus.

Hélène Baril Hélène Baril
La Presse

Ces nouveaux emplois devraient être « principalement au Québec », a précisé vendredi le président et chef de la direction d’AddÉnergie, Louis Tremblay. « Après une entrée réussie sur le marché américain, nous sommes maintenant en position d’accélérer notre croissance à travers l’Amérique du Nord », a-t-il indiqué.

Le fabricant québécois de bornes de recharge pour véhicules électriques vient de recueillir 53 millions dans une nouvelle ronde de financement.

De nouveaux investisseurs s’ajoutent à d’Investissement Québec et à la Caisse de dépôt, qui sont là depuis longtemps. Il s’agit d’un groupe mené par la firme MacKinnon Bennett qui inclut la Banque de développement du Canada, Exportation et Développement Canada et le Fonds FTQ.

L’investissement supplémentaire d’Investissement Québec est de 7 millions, ce qui porte à 21 millions sa mise totale dans l’entreprise. La Caisse de dépôt, pour sa part, a investi un total de 25 millions dans AddÉnergie au cours des dernières années.

Malgré la crise actuelle, AddÉnergie a pu déployer cette année 11 000 bornes de recharge supplémentaires, a fait savoir son président. Son réseau en compte maintenant 30 000 au Québec, au Canada et aux États-Unis.

L’entreprise dont le siège social est à Québec a récemment conclu un partenariat qui lui permet de mettre un pied dans les marchés de l’Ohio, du Kentucky et de l’Indiana.

Une filière en construction

Selon le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, c’est grâce à des entreprises comme AddÉnergie que le Québec est aujourd’hui un leader de l’électrification des transports.

Plus tôt dans la journée, à C2 MTL, le ministre avait discuté de son projet d’établir une filière complète de fabrication de batteries pour véhicules électriques avec des dirigeants de BASF et de Pratt & Whitney. « Notre plus grand atout est l’hydroélectricité », a-t-il fait valoir. Les batteries fabriquées au Québec auront « la plus faible empreinte carbone au monde », a-t-il souligné.

Vuk Miloskovic, dirigeant du fabricant allemand de matériaux de batteries BASF, a souligné que l’électrification des transports nécessitera le développement de plusieurs types différents de batteries.

De son côté, Walter di Bartelomeo, de Pratt & Whitney Canada, a dit croire que le Québec avait la capacité de développer une batterie qui serait utilisée au niveau mondial.

Pour ce qui est de la réduction de l’empreinte carbone des avions, « ça avance bien », a-t-il affirmé. Il prévoit que des avions pourront voler sans émettre d’émissions d’ici la fin de la décennie, grâce à l’utilisation de différentes technologies, dont l’hydrogène.