(Paris) Airbus s’estime armé pour affronter une crise amenée à durer, malgré des comptes dans le rouge et une charge de 1,2 milliard d’euros pour se restructurer annoncée jeudi par l’avionneur européen.

Agence France-Presse

L’avionneur européen a essuyé une perte nette de 767 millions d’euros entre juillet et septembre. Elle est notamment imputable à cette charge destinée à financer les mesures d’accompagnement liées aux 15 000 suppressions de postes annoncées en juin, dont 5000 en France et 5100 en Allemagne, sur les 134 000 que compte le groupe.

Son grand concurrent Boeing – qui peut aussi compter sur ses activités de défense et de services – a lui subi une perte de 449 millions de dollars sur la période. Il a annoncé mercredi 7000 suppressions d’emplois supplémentaires, ramenant en deux ans ses effectifs de 161 000 à 130 000.

Airbus, dont le chiffre d’affaires a fondu de 27 % au troisième trimestre, à 11,2 milliards d’euros, n’entend lui pas dévier du chemin tracé au printemps pour s’adapter à la crise. Et ce malgré une reprise du trafic aérien plus lente qu’attendu et de nouvelles restrictions décrétées ces derniers jours en Europe, notamment en France et en Allemagne.

« La crise est loin d’être terminée, nous restons prudents et humbles, mais dans l’ensemble la trajectoire d’Airbus reste dans le cadre de nos attentes », a rassuré son président exécutif Guillaume Faury en présentant les résultats.

Pour s’adapter à une reprise du trafic aérien qui devrait retrouver son niveau de 2019 qu’entre 2023 et 2025, l’avionneur a baissé au printemps ses cadences de production de 40 %.

Et l’avionneur a prévenu ses sous-traitants de se préparer à une possible augmentation des cadences de production à 47 appareils de la famille A320 par mois (40 actuellement), « sans doute pas avant le début du troisième trimestre 2021 », selon M. Faury.

Sur les neuf premiers mois de l’année, les livraisons d’avions ont chuté d’environ 40 %, mais elles n’accusent au troisième trimestre qu’une baisse de 20 % comparée à l’année précédente, avec 145 appareils livrés aux clients (contre 28 pour Boeing). Ils n’étaient que 74 au deuxième trimestre, au plus fort de la crise.

Les livraisons sont un indicateur fiable de la rentabilité dans l’aéronautique, principalement parce que les clients paient la majeure partie de la facture au moment où ils prennent possession des avions.

L’avionneur a mis fin à l’hémorragie de sa trésorerie. Airbus, qui en avait consommé 12,4 milliards d’euros sur les six premiers mois de l’année, a dégagé un flux liquidités positif de 600 millions d’euros entre juillet et septembre.