Faute de fonds dans les coffres d’Aéroports de Montréal, le projet d’expansion des capacités cargo à l’aéroport de Mirabel prendra vraisemblablement plus de temps que prévu.

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

Annoncé en septembre 2019, le projet de 107 millions de dollars visait le réaménagement des voies de circulation pour les avions de transport de fret, l’augmentation des capacités d’entreposage et le réaménagement du réseau routier environnant, à l’intérieur d’un échéancier de huit ans.

Aéroports de Montréal (ADM) devait assumer un peu plus de la moitié (57 millions de dollars) des déboursés, le reste provenant du Fonds national des corridors commerciaux (FNCC) du gouvernement fédéral. La pandémie a toutefois complètement bouleversé les finances d’ADM, qui a dû abandonner tous ses projets de développement pour se concentrer sur les travaux d’entretien prioritaires.

Lundi, le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, a annoncé qu’Ottawa devancerait les versements prévus par le FNCC pour les concentrer sur l’année financière en cours et la prochaine. Un premier versement de 25 millions de dollars a ainsi déjà été versé.

Sans l’appui du gouvernement fédéral, le projet aurait été complètement mis sur la glace.

Philippe Rainville, président-directeur général d’ADM

Bénéfice pour Airbus et l’A220

Ce nouveau calendrier de déboursés permettra de poursuivre la réalisation, déjà engagée, d’une première étape des travaux, soit l’agrandissement d’un bâtiment loué par ADM à Stelia, une filiale d’Airbus. Cet agrandissement permettra à Stelia d’augmenter ses capacités de préassemblage de composantes de l’A220 d’Airbus, a indiqué M. Rainville.

Selon une porte-parole d’ADM, il s’agit d’un projet rentable pour l’organisme, le loyer de Stelia étant appelé à augmenter en conséquence.

Un deuxième versement de 25 millions est prévu lors de l’année financière 2021-2022 du gouvernement fédéral, qui débutera en avril prochain. L’affectation de ces sommes n’a pas encore été déterminée, mais l’amélioration du réseau routier est l’option privilégiée pour l’instant, selon une porte-parole.

Quant au réaménagement du tablier principal de l’aéroport et la destruction de certains édifices pour faciliter la circulation et augmenter le nombre de positions de stationnement pour les avions-cargos, il faudra attendre.

« Je suis incapable de vous dire quand ce projet sera complété, a admis M. Rainville. Au sortir de cette crise, ADM devra d’abord se refaire une santé financière. »