Au lendemain de résultats trimestriels bien meilleurs qu’attendu, l’entreprise de camionnage TFI International a vu sa capitalisation boursière clore une séance au-delà de 6 milliards de dollars pour la première fois de son histoire.

Martin Vallières
Martin Vallières La Presse

Les actions de TFI ont gagné presque 4 % vendredi, pour terminer au prix de 66,05 $, soit 6,16 milliards en capitalisation totale. Et quelques positions de plus dans le top 15 boursier des entreprises dont le siège social est au Québec.

Cette valeur boursière record pour TFI représente une appréciation de 51 % depuis le début de l’année. Et un rebond spectaculaire de 170 % depuis le creux de 24 $ par action atteint à la mi-mars, au pire de la panique boursière de pandémie.

Parmi les analystes, on semble peu surpris de ce nouveau sursaut de valorisation boursière pour TFI après l’annonce des résultats du troisième trimestre et d’une hausse de son dividende.

« TFI a réalisé un troisième trimestre solide, en battant aisément les estimations de bénéfice d’exploitation (BAIIA) et de bénéfice par action les plus élevées parmi les analystes et les investisseurs. De tels résultats justifient la récente surperformance des actions de TFI en Bourse parmi ses comparables aux États-Unis et au Canada », estime l’analyste torontois Konark Gupta, de la firme Scotia Capital, dans une note.

Chez Desjardins Marché des capitaux, l’analyste montréalais Benoit Poirier se dit « impressionné par les résultats et l’exécution opérationnelle de TFI au troisième trimestre, qui l’ont mené un dépassement solide des attentes malgré la pandémie ».

Et pour la suite ? « Je crois que le modèle d’affaires diversifié de TFI qui vise notamment la génération de flux de trésorerie disponible et le rendement sur le capital investi, tout en maintenant un bilan solide, place l’entreprise dans une excellente position pour bénéficier de l’amélioration des conditions du marché [du camionnage], tout en pouvant saisir les opportunités de croissance par fusions et acquisitions », indique Benoit Poirier.

En téléconférence, vendredi matin, le président du conseil et chef de la direction de TFI, Alain Bédard, a d’ailleurs réitéré les ambitions de croissance par des fusions et acquisitions ciblées, particulièrement au sud de la frontière.

La bonne réalisation de fusions et acquisitions, c’est la “sauce secrète” de l’expansion de TFI depuis 20 ans. Et là, nous avons 1,5 milliard en liquidités disponibles pour des fusions et acquisitions, dont nous dépenserons 300 millions en novembre pour la clôture de l’acquisition de DLS [aux États-Unis], qui est la plus importante pour nous cette année.

Alain Bédard, président du conseil et chef de la direction de TFI

« Nous aurons donc encore beaucoup de munitions financières pour donner suite à notre “pipeline” de projets de fusions et acquisitions, qui est toujours plein. Lorsque nous trouvons la bonne acquisition, le bon complément, nous sommes prêts à saisir l’opportunité. »