(New York) Le groupe américain de produits de grande consommation Procter & Gamble (P & G) a continué à profiter de juillet à septembre de la demande accrue pour les produits de nettoyage depuis le début de la pandémie et a en conséquence relevé ses prévisions annuelles.

Agence France-Presse

Les ventes de la catégorie rassemblant les désinfectants, les liquides à vaisselle ou les lingettes nettoyantes ont bondi de 30 %, selon un communiqué publié mardi. Celles comprenant les papiers de toilettes, essuie-tout et mouchoirs en papier de plus de 10 %.

Seul point négatif lié à la pandémie : la baisse des recettes tirées des rasoirs et lames pour hommes, qui laissent plus libre cours à leur pilosité faciale depuis qu’ils ne vont plus au bureau tous les jours.  

Au total, le chiffre d’affaires de la société qui distribue les marques Ariel, M. Net, Gillette, Oral-B, Pampers ou encore Vicks, pour le premier trimestre de son exercice comptable a augmenté de 9 % à 19,32 milliards de dollars, soit bien au-dessus des 18,35 milliards attendus par les analystes.  

Même si les aides du gouvernement américain aux chômeurs ou aux petites entreprises ont diminué au cours du trimestre, cela n’a pas poussé les consommateurs vers des produits bas de gamme, a souligné le directeur financier du groupe, Jon Moeller, lors d’une conférence téléphonique avec des journalistes.

« Il y a un intérêt continu pour les marques que (les clients) connaissent et dans lesquelles ils ont confiance pour protéger leur famille », a-t-il souligné.  

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Par ailleurs, ils ont à dépenser tout l’argent qu’ils n’utilisent plus « pour les loisirs, les voyages ou les restaurants », a-t-il ajouté.  

Le groupe a d’ailleurs augmenté ses dépenses promotionnelles sur la période puisque les consommateurs passent actuellement beaucoup de temps sur les réseaux sociaux et à regarder la télévision et que leurs besoins en produits de santé, d’hygiène et nettoyants ont augmenté.  

« Ce n’est pas le moment de freiner » ces dépenses, a souligné le directeur financier.  

« Nos priorités à court terme continuent d’être la santé et la sécurité des employés, de maximiser la disponibilité des produits P & G pour les consommateurs du monde entier et d’aider la société à relever les défis de la crise de la COVID-19 », a commenté de son côté le PDG, David Taylor, cité dans le communiqué.

Toutes les grandes entités du groupe ont vu leurs ventes augmenter : la beauté (+7 %), le rasage électrique ou à lames pour hommes et femmes (+5 %), les produits de santé comme les pilules aidant à la digestion (+11 %), les lessives et produits nettoyants (+14 %) et les produits à base de tissus pour les bébés, les femmes et la maison (+3 %).

Le bénéfice de la compagnie sur la période a augmenté de 19 % à 4,28 milliards de dollars. Rapporté par action et hors élément exceptionnel, la référence à Wall Street, il s’affiche à 1,63 dollar là où les analystes l’anticipaient à 1,41 dollar.  

Fort de cette solide performance, le groupe a relevé ses prévisions pour l’ensemble de son année comptable : il anticipe une croissance des ventes de 3 % à 4 % contre 1 % à 3 % auparavant.  

Son bénéfice par action devrait croître de 5 % à 8 % contre 3 % à 7 % prévu initialement.

P & G prévoit de récompenser les actionnaires en leur versant au total 8 milliards de dollars de dividendes sur l’ensemble de l’année comptable et en relevant légèrement son programme de rachat d’actions.