(Calgary) La hausse des prix du pétrole devrait stimuler les rendements alors que les sociétés énergétiques canadiennes dévoileront ces prochaines semaines leurs résultats du troisième trimestre, mais les observateurs estiment que le récent ralentissement de la reprise des prix du brut et l’incertitude persistante sur le marché du pétrole rendent improbable toute augmentation de la production et des dépenses.

La Presse Canadienne

Les prix du pétrole se sont stabilisés au troisième trimestre, le baril de brut de référence américain West Texas Intermediate se vendant en moyenne à 40,85 $ US à la Bourse des matières premières de New York.

Cela représente une hausse de 44 %, ou 12,48 $ US le baril, par rapport au deuxième trimestre, qui a vu la toute première clôture négative du WTI en avril, alors que le stockage de brut nord-américain se rapprochait de sa limite.

L’analyste Michael Dunn, de Stifel FirstEnergy, souligne que les prix continuent d’être inférieurs aux niveaux auxquels la plupart des sociétés pétrolières de Calgary peuvent se permettre de financer leurs besoins en capitaux et leurs dividendes, en particulier compte tenu des marges bénéficiaires modérées du raffinage.

La nouvelle saison des résultats trimestriels du secteur débutera la semaine prochaine avec le producteur de sables bitumineux MEG Energy lundi, qui sera suivi de Suncor, Husky Energy et Cenovus plus tard dans la semaine.

Phil Skolnick, analyste chez Eight Capital, affirme que tout excédent de trésorerie généré par les producteurs de pétrole sera probablement utilisé pour rembourser la dette, racheter des actions ou verser des dividendes. La plupart des entreprises attendent de voir les résultats de l’élection présidentielle américaine et les prochaines décisions de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et d’autres pays qui sont de grands producteurs.

À la fin de la semaine dernière, la Financière Banque Nationale a réduit ses prévisions pour le prix du WTI en 2021 à une moyenne de 42,25 $ US le baril, contre 43,75 $ US précédemment.

« À la suite de la chute de la demande sans précédent avec la COVID-19 plus tôt cette année, la consommation (mondiale) s’est améliorée par rapport aux creux, mais elle reste inférieure d’environ cinq à sept millions de barils par jour à l’an dernier », a-t-il calculé.

« La reprise de la demande reste incertaine et constitue un risque important pour toute reprise durable des prix du pétrole, en particulier alors que l’impact d’une deuxième vague de pandémie est en cours. »