(New York) La compagnie aérienne américaine Delta Air Lines a enregistré au troisième trimestre une lourde perte de plus de 5,3 milliards de dollars, mais a rempli ses caisses pour faire face à la crise de la COVID-19 qui pénalise toujours fortement le trafic aérien mondial.  

Agence France-Presse

La perte nette est un peu moins élevée qu’au trimestre précédent (-5,7 milliards de dollars). Mais l’an passé à la même période, elle avait réalisé un bénéfice net de 1,5 milliard de dollars.

L’action chutait à Wall Street à l’ouverture de la Bourse, perdant 2,60 % à 9 h 44.

Le chiffre d’affaires, de 3 milliards de dollars, ne représente qu’un quart de celui du troisième trimestre 2019.

« L’amélioration est lente, mais clairement les consommateurs sont plus confiants pour voyager », a commenté le PDG Ed Bastian sur la chaîne CNBC.

Mais un retour à la normale devrait toutefois prendre au moins deux ans, a prévenu le numéro 2 du groupe, Glen Hauenstein, cité dans un communiqué.

Et pour affronter les conséquences de cette crise inédite, Delta a pu renforcer sa trésorerie et disposait fin septembre de 21,6 milliards de liquidités, contre 15,7 milliards fin juin.

La compagnie a également réussi à diminuer un peu ses dépenses quotidiennes : elle a brûlé en moyenne 24 millions de dollars par jour sur le trimestre, contre 27 millions par jour au trimestre précédent.

Pour cela, elle retire progressivement de sa flotte des dizaines d’avions, cloués au sol depuis des mois, ce qui permet d’économiser les coûteux frais de stationnement et d’entretien de ces appareils. Au troisième trimestre, ce sont 10 Boeing 737-700 qui ont été retirés.

Par ailleurs, environ 18 000 salariés de Delta ont quitté le groupe dans le cadre d’un plan de départs volontaires, ce qui a fait diminuer les coûts de personnel de 32 % par rapport au troisième trimestre 2019.

De juillet à septembre, Delta a par ailleurs reçu 701 millions de dollars d’aides du gouvernement américain, a précisé la compagnie.

À trois semaines de l’élection présidentielle, les compagnies aériennes américaines attendent toujours de savoir si l’administration Trump et les élus démocrates du Congrès vont réussir à se mettre d’accord pour adopter un nouveau plan de soutien économique, avec des aides pour le secteur aérien qui menace de supprimer des dizaines de milliers d’emplois.