Il n’y a pas plus de risques d’attraper la COVID-19 assis à quelques centimètres d’un porteur dans un avion que si l’on se trouve à plus de deux mètres de lui à l’extérieur, ont conjointement affirmé jeudi les trois plus grands constructeurs d’avions commerciaux du monde, Airbus, Boeing et Embraer.

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

Selon des essais menés par Embraer, à peine 0,13 % du volume d’air expulsé par un passager qui tousse risque de se retrouver dans le champ d’air respiré par un autre passager à bord d’un avion, même sans masque. Le pourcentage tombe à 0,02 % avec le port du masque.

« Le design de la cabine et du système de ventilation crée l’équivalent de plus de 7 pieds de distance physique entre chaque passager », affirme pour sa part Boeing, au terme de ses propres études, menées en tenant le port du masque pour acquis.

Quant à Airbus, elle calcule que des 10 000 gouttelettes expulsées par un passager ayant la toux, à peine 5 trouveront leur chemin jusqu’au système respiratoire du passager voisin, même s’il n’est distant que d’un pied, à condition qu’ils portent tous les deux un masque.

À l’extérieur d’un avion, toujours selon Airbus, le même passager absorberait 10 gouttelettes, le double, s’il était à six pieds du tousseur, la distance généralement considérée comme sécuritaire sans masque.

PHOTO FOURNIE PAR AIRBUS

Un aperçu des simulations informatiques menées par Airbus pour évaluer les risques de propagation de la COVID-19 à l’intérieur d’un de ses avions.

Ces trois études ont été présentées simultanément lors d’une conférence de presse organisée jeudi par l’Association internationale du transport aérien (IATA), qui regroupe les plus grands transporteurs aériens du monde.

Elles sont basées sur des études poussées s’appuyant notamment sur des simulations informatiques de la circulation d’air et des tests « réels », sans virus bien sûr. Ce type de simulations informatiques est commun pour les trois avionneurs, qui cherchent lors de la conception à optimiser la circulation de l’air pour en assurer la qualité, réduire le bruit et augmenter le confort, a expliqué le vice-président principal à l’ingénierie, la technologie et la stratégie d’Embraer, Luis Carlos Affonso.

Moins dangereux que la foudre

L’IATA a aussi mené une étude, basée quant à elle sur les résultats des milliers de vols ayant eu lieu depuis le début de la pandémie. Il en ressort selon elle à peine 44 cas d’infection à bord d’un avion, sur 1,2 milliard de passagers, soit 1 pour chaque tranche de 27,3 millions de passagers.

C’est moins que le risque d’être frappé par la foudre, estime-t-elle.

De premiers indices de l’apparente sécurité des vols en avion étaient apparus dès le printemps. Les raisons évoquées alors étaient les mêmes que dans les études présentées jeudi : renouvellement de la masse d’air jusqu’à quatre fois plus fréquente que dans un édifice normal, filtres puissants, circulation d’air du haut vers le bas, barrière physique créée par les sièges, etc.

À relire :

https://www.lapresse.ca/voyage/2020-05-26/voler-serait-peu-risque