VIA Rail entretient le « désir profond » d’obtenir une réponse positive du gouvernement fédéral à son projet de train à grande fréquence dans le corridor Québec-Windsor avant la fin de l’année, a indiqué jeudi sa présidente et chef de la direction, Cynthia Garneau.

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

« Notre objectif et notre désir profond, c’est de nous assurer qu’on a une décision favorable du gouvernement d’ici la fin de cette année, de façon à ce que ça puisse faire partie du budget 2020-2021 », a affirmé Mme Garneau, dans le cadre d’une conférence organisée par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Le président de la Chambre, Michel Leblanc, qui interrogeait Mme Garneau, en a profité pour faire valoir la position de son organisme.

« En ces temps où l’on parle de stratégie d’investissement dans nos infrastructures liée à une reprise économique, si on n’est pas capable là de prendre une décision sur le train à grande fréquence, on ne sera jamais capable de la prendre », a-t-il affirmé.

« On s’attend à ce qu’ils puissent prendre une décision d’ici décembre et on s’attend à ce qu’elle soit positive. »

Après l’accord d’Ottawa, « c’est sûr que c’est un minimum de quatre à cinq ans » avant que le train ne soit mis en service, a indiqué Mme Garneau. Ce délai tient compte de la construction elle-même, qui devrait prendre un an au minimum, mais surtout des évaluations environnementales et des consultations publiques.

Québec toujours au programme pour VIA

Mme Garneau s’est montrée un peu plus évasive lorsqu’on lui a demandé si le corridor Montréal-Québec faisait toujours partie du projet. À l’été 2019, La Presse Canadienne avait mis la main sur un document interne du gouvernement fédéral selon lequel l’abandon du tronçon Montréal-Québec serait bénéfique pour VIA Rail, puisqu’il était non rentable.

« Aujourd’hui, la Ville de Québec fait partie de notre réseau actuel », a répondu Mme Garneau, en insistant sur le mot « aujourd’hui ».

« Pour le futur et dans le projet de VIA Rail, la Ville de Québec a toujours fait partie du projet aussi et continue de faire partie de toutes les études qui ont cours présentement. Desservir la Capitale-Nationale est définitivement un besoin hyper important. »

C’est 8400 passagers en moyenne par semaine qui transitent entre Québec et Montréal, donc c’est un élément très important de notre réseau actuel et futur.

Cynthia Garneau, présidente et chef de la direction de VIA Rail

Le projet de train à grande fréquence (TGF) prévoit la construction de rails réservés à VIA Rail entre Québec et Windsor, un corridor qui représente déjà 96 % des passages et des revenus de cette société de la Couronne. Cette dernière ne détient actuellement que 3 % des rails sur lesquels passent ses trains et est par conséquent soumise à de nombreuses restrictions qui limitent ses horaires, sa fréquence et sa ponctualité.

Ces restrictions et le parc ferroviaire vieillissant font en sorte que VIA Rail « touche aux limites de [son] potentiel de croissance », selon Mme Garneau. Un nouveau parc a déjà été commandé et devrait entrer en service au printemps 2022.

L’attribution de ce contrat à Siemens, qui prévoit construire ces trains en Californie, avait suscité un tollé, au moment où l’usine de Bombardier à La Pocatière était — comme encore à ce jour — désespérément à la recherche de mandats.

Y aura-t-il des retombées canadiennes grâce à la construction du TGF ?

« Ça va de soi », a affirmé Mme Garneau. « Il y aura définitivement un appel d’offres qui va maximiser ces aspects-là. […] On va toujours tendre à maximiser l’impact canadien en allant chercher des fournisseurs près de nous. C’est définitivement une belle opportunité à ne pas manquer. »

Une version précédente de ce texte affirmait que 20 000 passagers en moyenne, plutôt que 8400, transitaient entre Québec et Montréal chaque semaine. Il s’agissait du nombre fourni par Mme Garneau lors de la conférence. VIA Rail a depuis contacté La Presse pour corriger l’affirmation.