François Poirier, qui avait piloté le projet Énergie Est de son lancement en 2014 jusqu’à son abandon en 2017, devient le nouveau président et chef de la direction de TC Énergie.

Hélène Baril Hélène Baril
La Presse

Le natif d’Ottawa remplacera l’actuel numéro un de l’entreprise de Calgary, Russ Girling, qui prend sa retraite à la fin de l’année.

François Poirier s’est joint à TC Énergie en 2014 pour diriger le projet Énergie Est, un oléoduc long de 4600 kilomètres qui aurait donné un accès aux marchés de l’est du continent et de l’Europe au pétrole de l’Alberta.

Il avait expliqué à l’époque qu’il avait quitté sa carrière de banquier d’affaires pour faire quelque chose pour son pays. François Poirier a notamment travaillé chez JP Morgan et Wells Fargo.

Le projet Énergie Est, qui aurait nécessité des investissements de 12 milliards, n’a jamais vu le jour. Il a été abandonné par TC Énergie en 2017 en raison surtout de l’opposition de la population au Québec, que le pipeline devait traverser de part en part.

PHOTO PATRICK SANFACON, ARCHIVES LA PRESSE

Des manifestants opposés au projet Énergie Est s'étaient fait entendre lors d'une rencontre de l'entreprise à Montréal en février 2016.

François Poirier est resté chez TC Énergie, où il est actuellement chef de l’exploitation et président des activités de production et de stockage de l’entreprise au Mexique.

Sous la gouverne de Russ Girling, l’entreprise énergétique connue sous le nom de Trans-Canada Energy est devenue TC Energy (TC Énergie en français) et a pris de l’expansion. Elle emploie aujourd’hui plus de 7000 personnes en Amérique du Nord dans la production, la distribution et le stockage d’énergie. Au Québec, TC Énergie possède le gazoduc TQM, la conduite principale de gaz naturel qui relie le Québec et les Maritimes au réseau canadien. L’entreprise possède aussi la centrale au gaz naturel de Bécancour construite pour Hydro-Québec, qui n’a jamais eu besoin de cette énergie, mais qui doit la payer quand même jusqu’à l’expiration du contrat qui lie les parties jusqu’en 2026.

Keystone XL

Le prochain président héritera du colossal projet Keystone XL, entre l’Alberta et le Nebraska, qui vise à accroître les livraisons de pétrole canadien aux États-Unis. Lancé en 2008, le projet Keystone XL est passé par de multiples difficultés et sa réalisation est toujours incertaine. Il a été avalisé par l’administration de Donald Trump, mais le prétendant démocrate à la présidence américaine, Joe Biden, a toutefois indiqué qu’il s’opposerait à ce projet s’il est élu en novembre prochain.

PHOTO ALEX PANETTA, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Des tuyaux en attente d'installation dans le Dakota du Nord pour le projet d'oléoduc Keystone XL

Le gouvernement de l’Alberta a investi 1,5 milliard dans Keystone XL, en plus de fournir une garantie de prêt de 6 milliards pour aider à la réalisation du projet.

L’action de TC Énergie a varié entre un creux de 47,06 $ et un sommet de 76,58 $ depuis un an. Lundi, le titre a fini la journée à 59,51 $, en baisse de 0,96 $.