(Toronto) Le syndicat Unifor a annoncé mardi avoir conclu une entente de principe avec le constructeur automobile Ford du Canada dans le cadre des négociations portant sur une nouvelle convention collective.

Anita Balakrishnan
La Presse Canadienne

En vertu de l’entente, 1,95 milliard seront investis dans les installations canadiennes de Ford, incluant 1,8 milliard pour la production de cinq véhicules électriques à Oakville, en Ontario, a indiqué le président national d’Unifor, Jerry Dias. En outre, un nouveau contrat pour la fabrication d’un moteur pourrait entraîner la création d’emplois à l’usine de Windsor.

Les 6300 travailleurs syndiqués de Ford voteront sur l’entente de principe au cours du week-end, a précisé M. Dias.

L’entente a été conclue tôt mardi, après une nuit complète de négociations. Le syndicat détenait un mandat de grève qui lui permettait d’annoncer un arrêt de travail si une entente n’était pas conclue avant lundi soir, à 23 h 59.

L’usine d’Oakville sera désormais réoutillée pour la production de véhicules électriques à partir de 2024, a précisé M. Dias, et le cinquième des nouveaux modèles arrivera sur la chaîne de montage en 2028.

« C’est un engagement majeur de Ford », a ajouté M. Dias. « Ce sera une installation clé, non pas pour le court terme, mais pour le long terme — c’est un engagement de dix ans. »

Les produits actuels de l’usine d’Oakville, le Ford Edge et le Lincoln Nautilus, cesseront d’être produits en 2023.

L’installation de Windsor produira pour sa part un nouveau moteur de 6,8 litres. M. Dias a indiqué que l’entente prévoyait également l’assemblage de batteries pour les nouveaux véhicules électriques.

M. Dias a remercié les politiciens locaux et fédéraux pour leur soutien pendant les négociations. Interrogé sur les contributions du gouvernement à la production de véhicules électriques, le chef d’Unifor a refusé de confirmer les informations des médias à ce sujet, estimant que c’est au gouvernement d’annoncer les sommes qu’il a l’intention d’injecter.

Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a indiqué par le passé que la province contribuait « massivement » à « des entreprises comme (Ford Canada) pour amener la fabrication de batteries » dans la province, mais n’a pas partagé de montant précis, évoquant les négociations en cours.

Un porte-parole du ministre fédéral de l’Industrie, Navdeep Bains, a également refusé de préciser les sommes que pourrait allonger Ottawa, se contentant d’affirmer que la production de véhicules électriques aiderait à atteindre les objectifs climatiques et à créer des emplois.

M. Dias a indiqué que les négociations du gouvernement provincial englobaient la fabrication complète de A à Z des batteries — un processus qui nécessite toujours de trouver un important fabricant. L’accord d’Unifor avec Ford ne couvrira que la phase d’assemblage du processus de fabrication.

Une fois acceptée par les membres du syndicat, l’entente conclue avec Ford sur les nouvelles gammes de produits, les horaires de travail, les salaires, les retraites et les avantages sociaux donnera le ton aux discussions à venir avec Fiat Chrysler Automobiles et General Motors.

Les négociateurs d’Unifor négocieront d’abord avec les dirigeants canadiens de Fiat Chrysler, puis avec ceux de General Motors. M. Dias a indiqué avoir bon espoir d’en arriver à une entente avec les deux, mais il s’attend à ce que les négociations soient difficiles.

Bien que les dernières négociations formelles pour une convention collective aient eu lieu en 2016, le syndicat a eu des discussions avec GM depuis lors, avec la réduction des effectifs imposée l’année dernière à l’usine de GM à Oshawa, en Ontario.

Aux États-Unis, les travailleurs syndiqués de GM ont fait une grève l’année dernière. À l’avenir, M. Dias a indiqué que les syndicats canadien et américain négocieraient en même temps avec les trois géants de l’automobile de Detroit, selon le même calendrier. Les deux groupes veulent empêcher que des emplois soient déplacés vers le Mexique.

Cela signifie que l’accord de 2020 sera renégocié en 2023, alors qu’expireront d’importants programmes du groupe motopropulseur de GM à son installation de St. Catharines, en Ontario.

Selon le président d’Unifor, les ressources naturelles canadiennes comme le lithium, l’aluminium et le cobalt placent ses membres dans une position de force puisque de plus en plus de constructeurs se tournent vers les véhicules électriques.