(Montréal) SNC-Lavalin, en plein recentrage pour s’éloigner des grands projets de construction et de ressources naturelles, fait partie d’un consortium ayant décroché, auprès du gouvernement américain, un contrat de services d’ingénierie — sa nouvelle pierre angulaire — pouvant atteindre 10 milliards US dans le secteur nucléaire.

Julien Arsenault
La Presse Canadienne

Central Plateau Cleanup Company, dans laquelle la firme québécoise détient une participation d’environ 22 %, a annoncé jeudi une entente, octroyée par le département de l’Énergie, pouvant s’échelonner sur une décennie dans le cadre de travaux d’assainissement du complexe nucléaire de Hanford, dans l’État de Washington.

La nouvelle a semblé réjouir les investisseurs, puisqu’à la Bourse de Toronto, le titre de l’entreprise établie à Montréal a pris environ 3,4 %, ou 78 cents, pour clôturer à 23,77 $, dans le cadre d’une séance où la tendance a plutôt été à la baisse.

« Ce contrat témoigne de l’expertise de SNC-Lavalin dans la réalisation de plans de décontamination et de mise hors service d’actifs », a souligné le président de son secteur nucléaire, Sandy Taylor.

La coentreprise, Central Plateau Cleanup Company LLC, s’affairera à la « fermeture à l’état final des installations » du complexe, des sites d’enfouissement des déchets nucléaires et de la mise hors service d’anciennes installations.

Dans une note envoyée à ses clients par courriel, Sabahat Khan, de RBC Marchés des capitaux, a qualifié l’annonce de « victoire significative » pour SNC-Lavalin.

En présumant que ce contrat devrait générer des marges oscillant entre 13 % et 15 %, l’analyste a estimé que le bénéfice d’exploitation obtenu par la compagnie québécoise pourrait varier entre 285 millions US et 330 millions US au cours de la durée de l’entente, soit environ 30 millions US annuellement.

En 2019, le segment nucléaire de SNC-Lavalin avait généré un bénéfice d’exploitation d’environ 100 millions US, a noté M. Khan.

« Ce contrat correspond bien à l’expertise (de la firme) et il est à « faible risque » puisque les honoraires sont liés à la performance », a écrit l’analyste dans ses observations.

Depuis le début de l’année, SNC-Lavalin a annoncé une série de contrats dans le secteur de l’énergie nucléaire où elle est impliquée par l’entremise de ses divisions ou coentreprises.