En mai, alors qu’on réalisait que la pandémie ne serait pas qu’un accroc à l’année 2020, la firme d’avocats Davies Ward Phillips & Vineberg a embauché un conseiller en santé et sécurité du travail et s’est bâti un plan de retour au bureau en trois phases.

Isabelle Massé Isabelle Massé
La Presse

Ainsi, une première phase a été amorcée en juin, avec l’accès des employés à leur espace de travail, même s’ils sont fortement invités à rester en télétravail. Les portes sont notamment ouvertes pour le bien-être et la santé de certaines personnes. « Certains se sentent isolés ou n’ont pas un logement adéquat pour travailler sur une longue période, note Philippe Johnson, associé directeur du bureau de Montréal. Par ailleurs, comme les tribunaux ont continué à opérer de façon virtuelle, on a converti une salle de conférences en petit studio. Ça évite aux avocats de plaider de leur chambre à coucher ! »

Jusqu’ici, une vingtaine de personnes sur les 240 employés de la firme ont retrouvé leurs aises dans les bureaux de 75 000 pi2 de l’avenue McGill College, à Montréal. Mais elles n’y passent pas des journées entières.

Cette première phase devrait normalement durer jusqu’à l’Action de grâces. Si le moment du déclenchement de la troisième phase est bien défini pour la direction – pas avant un vaccin contre la COVID-19 –, celui de la deuxième phase est loin d’être fixé. Il dépend de plusieurs variables, dont le désir des gens de retrouver leur espace de travail. La direction songe à des présences par intervalles, par exemple, et à un protocole de retour béton. « Selon un sondage interne, il y a plus d’intérêt pour le travail à distance, dit Philippe Johnson. Les employés sont demeurés productifs. Les firmes de services professionnels, c’est du capital intellectuel. Tant que les gens peuvent se brancher, ils peuvent fonctionner. Je ne suis pas impatient de revenir au bureau. »

La firme dit y aller une étape à la fois. « Nos clients ne sont pas au centre-ville. L’activité d’affaires n’est pas là. Il y a un enjeu de responsabilité sociale. Comme citoyen corporatif, il faut faire notre devoir. »

Une chose a frappé Philippe Johnson ces derniers mois : « Il faut gérer avec une certaine humilité et être flexibles, dit-il. Car on n’a jamais vécu une telle situation. »

La direction se montre à l’écoute de ceux qui ont des craintes de tomber sur le virus en sortant de chez eux. « Les directeurs parlent aux employés, affirme Philippe Johnson. J’ai beaucoup de feedback. La communication dans les deux sens est importante. C’est d’ailleurs un des effets de cette pandémie : la communication est plus libérée et riche. »

Malgré le plan mis en place, jugé idéal et satisfaisant dans les circonstances, Philippe Johnson craint que les mois passés loin des autres ne nuisent à la culture d’entreprise et au niveau d’engagement des gens. « Certains éléments de leur développement professionnel n’ont pas lieu, estime-t-il. On apprend beaucoup en osmose, en côtoyant des gens. Là, ça manque. »

Une version antérieure de cet article comportait une erreur dans le nom de la firme Davies Ward Phillips & Vineberg. Nos excuses.