Aux États-Unis, les parents peuvent depuis peu donner à leurs enfants du Tylenol… en sachet de poudre. Chaque fois qu’ils le font, ils ont entre leurs mains un emballage cartonné marqué du Québec.

Isabelle Massé
Isabelle Massé La Presse

Le gala Gutenberg, qui récompense l’industrie de l’imprimé, en fait foi, alors qu’elle a décerné en juin le prix Emballage à l’entreprise de Boucherville Produlith. C’est que le niveau de réalisation de l’impression de l’emballage était complexe, aux dires du président Shawn Desmarchais. L’entreprise devait avoir la capacité d’imprimer pour répondre aux normes élevées du fabricant Johnson & Johnson et produire 220 000 boîtes (en première commande) sur une chaîne automatisée haute vitesse.

« C’est venu chercher tous les niveaux de spécialité dans notre organisation, raconte M. Desmarchais. Des normes, comme la basse odeur de l’encre, devaient être respectées. Cette boîte est aussi imprimée à l’intérieur. »

C’est grâce à Ropack Pharma Solutions, d’Anjou, un client depuis 20 ans de Produlith, que l’entreprise de M. Desmarchais a pu montrer de quoi elle était capable. Mais encore fallait-il que le géant Johnson & Johnson ait confiance en la recommandation de Ropack.

Johnson & Johnson a des fournisseurs partout ! note Shawn Desmarchais. Lors de plusieurs vidéoconférences, on a fait un bon travail pour les convaincre qu’on avait la capacité de faire ce mandat. Johnson & Johnson avait un défi technique à l’intérieur de la boîte, il y avait plusieurs couleurs extérieures et de l’embossage sur le logo. C’est rare qu’on a un projet aussi all dressed que celui-là !

Shawn Desmarchais

Le mandat est arrivé au moment où Produlith planifiait investir 3,5 millions de dollars dans l’acquisition d’équipement et d’une technologie à impression lithographique offset. « Ce projet a donc sécurisé nos investissements », dit Shawn Desmarchais.

En tout, depuis 2017, Produlith a investi près de 7 millions dans la modernisation de ses équipements pour l’emballage cartonné, mais aussi flexible (étiquettes, sachets…). « On a une belle croissance au niveau de l’emballage flexible, explique Shawn Desmarchais, dont l’entreprise a aussi remporté un prix Gutenberg pour un emballage flexible d’Aliments Bon vivant. C’est beaucoup de valeur ajoutée pour les clients qui veulent à la fois des emballages et des étiquettes, par exemple. Les mêmes couleurs, le même système de qualité… »

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

Emballage conçu par Produlith

En fait, comme beaucoup de ses clients se retrouvent dans les industries pharmaceutique et alimentaire, Produlith connaît une croissance malgré la pandémie. « On a une présence aux États-Unis dans des secteurs d’activité qui fonctionnent bien », constate le président.

Produlith s’appuie ainsi sur des acquis dans des industries aux demandes exigeantes convoitées par le président à son arrivée en 1993 dans la PME fondée par son père en 1981. « À l’époque, on voulait percer le marché américain et entrer dans le milieu pharmaceutique, raconte le fils. Jusque-là, on était une imprimerie commerciale, de cartes d’affaires, d’en-tête de lettre et de rapports annuels. Mon père a pressenti qu’avec l’internet, notre expertise prendrait le bord. »

L’industrie pharmaceutique a néanmoins été un marché développé de longue haleine par Produlith. « C’est compliqué d’être audité, d’avoir une expertise en assurance qualité, estime Shawn Desmarchais. Les normes sur le système de contrôle sont très rigides. »

Aujourd’hui, 20 % du chiffre d’affaires de Produlith provient des États-Unis. Et le premier client qui leur a permis de se réorienter avec succès ? Ropack !