La Commission européenne donne par ailleurs le feu vert à l’acquisition de Bombardier Transport par Alstom

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

Par souci d’économie, et parce qu’il ne supervisera bientôt plus qu’une seule division, le siège social de Bombardier quittera cet automne le centre-ville de Montréal pour se rapprocher des installations de celle-ci, à Dorval.

Environ 180 employés des finances, des affaires légales et des ressources humaines avaient pour principal lieu de travail, avant le confinement, des bureaux répartis dans un bloc de presque trois étages au sommet d’une tour du boulevard René-Lévesque.

Autrefois active à Dorval, Saint-Laurent, Pointe-Claire et Mirabel dans le secteur aéronautique, ainsi qu’à Saint-Bruno et La Pocatière dans le secteur ferroviaire, Bombardier ne sera bientôt plus présente au Québec que dans les trois premières, après la cession des programmes C Series et CRJ, ainsi que la vente de la division Transport à Alstom.

« Le fait de partager des locaux avec la direction et le personnel administratif de Bombardier Aviation, qui sont déjà présents au Centre administratif, nous aidera à constituer une équipe Bombardier plus soudée alors que nous préparons notre avenir en tant qu’entreprise axée sur l’aviation d’affaires, a écrit dans un courriel aux employés le nouveau président de l’entreprise, Éric Martel.

« En outre, l’utilisation de l’espace disponible au Centre administratif soutient nos efforts de réduction de notre structure de coûts, d’accroissement de l’efficacité et de création d’un milieu de travail plus positif et plus collaboratif. »

Feu vert à Alstom pour l’acquisition de Bombardier Transport

Vendredi matin, la Commission européenne a donné le feu vert à l’acquisition de l’activité ferroviaire de Bombardier par le constructeur ferroviaire français Alstom.

Alstom, qui construit les trains à grande vitesse (TGV) français, avait annoncé cette année avoir signé un accord en vue de prendre le contrôle total de Bombardier Transport, pour un prix allant de 5,8 à 6,2 milliards d’euros (9,2 à 9,84 milliards de dollars) versés en espèces et en nouvelles actions d’Alstom.

La Commission a ouvert une enquête et a initialement constaté que la transaction soulevait de graves problèmes de concurrence. Les autorités de la concurrence de la Commission ont autorisé l’acquisition vendredi, après qu’Asltom eut offert des engagements « considérablement améliorés ».

« Alstom et Bombardier sont des fournisseurs de premier plan de trains de pointe utilisés chaque jour par des millions de passagers à travers l’Union européenne », a affirmé la vice-présidente de la Commission européenne chargée de la concurrence, Margrethe Vestager.

Grâce aux solutions complètes proposées pour résoudre les problèmes de concurrence dans les domaines des trains à très grande vitesse et de la signalisation sur les grandes lignes, la Commission a été en mesure d’examiner et d’approuver rapidement cette transaction.

Margrethe Vestager, vice-présidente de la Commission européenne chargée de la concurrence

Concurrence

L’achat de Bombardier Transport aidera Alstom à concurrencer la Chinoise CRRC, qui a développé ses activités à l’extérieur de son pays d’origine.

Cette décision donnera également plus de poids à Alstom, dont la tentative de fusion avec l’allemand Siemens avait été bloquée par les régulateurs de l’Union européenne, craignant que l’entreprise n’obtienne une présence dominante dans la région.

La décision de refuser cet accord a été critiquée par certains gouvernements européens, qui souhaitent créer de grandes entreprises européennes dans divers secteurs capables de concurrencer les entreprises soutenues par l’État en Chine et les multinationales américaines.

Bombardier Transport se concentre sur les trains de banlieue et a réalisé l’an dernier près de 8,5 milliards de ventes.

— Avec l'Associated Press