(New York) Les McDo ont vu leur fréquentation chuter au printemps avec la pandémie, qui a vidé les villes de leurs touristes et les centres commerciaux de leurs promeneurs, et ce sont les restaurants avec un service à la voiture qui s’en sortent le mieux.

Julie CHABANAS
Agence France-Presse

Les ventes de la célèbre chaîne de restauration rapide ont chuté de 39 % en avril par rapport à avril 2019, alors qu’une large partie de la population mondiale était limitée dans ses déplacements face à la pandémie de COVID-19.

Elles se sont redressées doucement en mai et juin, reculant respectivement de 20,9 % et de 12,3 %.

Les restaurants de centres-villes et centres commerciaux ont particulièrement souffert, et « les endroits dépendants des touristes sont plus lents à se rétablir », a expliqué le directeur financier de McDonald’s, Kevin Ozan, mardi lors d’une conférence virtuelle.

Et alors que la distanciation physique devient la norme, les automobilistes privilégient un service sans contact : « nos services au volant se sont avérés être un avantage concurrentiel pour nous », et les pays qui en comptent beaucoup « montrent une reprise plus rapide », a-t-il ajouté.

Une autre chaîne de restauration rapide, Chipotle, aux plats d’inspiration mexicaine, mise elle aussi sur le service à la voiture et elle va développer son réseau dans ce sens.

Fin juin, la quasi-totalité des restaurants de McDonald’s dans le monde étaient ouverts, au moins pour des ventes en livraison, contre seulement les trois quarts début avril.

« En ces temps incertains, les consommateurs recherchent une marque connue et familière », a commenté le PDG de McDo, Chris Kempczinski.

Cela n’a toutefois pas empêché le chiffre d’affaires de reculer de 30 %, pour tomber à 3,7 milliards de dollars.

Et le bénéfice net a plongé de 68 %, à 483,8 millions de dollars. Le bénéfice net par action ajusté, référence en Amérique du Nord, ressort à 0,66 dollar, moins que le 0,74 attendu, et bien inférieur aux 2,05 dollars de l’an passé sur la même période.

Ces résultats « reflètent la baisse des ventes en raison des fermetures temporaires de restaurants, d’une activité limitée et des changements de comportement des consommateurs à la suite de la COVID-19 », précise le groupe dans un communiqué.

McDo ne donne pas de prévision pour l’année, et précise que la pandémie pourrait encore peser sur « nos résultats financiers, notre situation et nos perspectives ».

Franchise

Le modèle économique du groupe, qui repose sur la franchise, « présente un certain nombre de risques », indique-t-il dans le communiqué.

Alors que 93 % des restaurants McDonald’s dans le monde sont gérés par des franchisés, qui apportent plus de la moitié des revenus, la santé financière du groupe repose sur la capacité de ses franchisés à traverser la crise.

Ils ont pu bénéficier, dans de nombreux pays, des programmes mis en place par les gouvernements et financés par les contribuables pour aider les petites et moyennes entreprises.

« En général, nos franchisés sont toujours en mesure d’obtenir du financement, un peu partout dans le monde, au fur et à mesure qu’ils en ont besoin », a ainsi déclaré Kevin Ozan.

Les mesures comme les prêts PPP aux États-Unis ont « fourni un important soutien financier à nos franchisés », a salué Chris Kempczinski.

Les conditions d’attribution ont à plusieurs reprises été pointées du doigt.

Des chaînes de restaurants et des milliardaires figurent en effet parmi les bénéficiaires de ces prêts, destinés à aider les petites et moyennes entreprises, qui n’ont pas d’autre source de financement, notamment boursière. Ils ont vocation à se transformer en subvention s’ils sont effectivement utilisés pour payer les salaires.

McDonald’s a par ailleurs annoncé que le port du masque serait obligatoire dans tous ses restaurants à partir du 1er août.

Le port du masque est devenu un symbole d’appartenance politique aux États-Unis, où le président Donald Trump a longtemps refusé d’en porter et avait privilégié la liberté individuelle.

Mais face à une recrudescence de cas de contaminations qui ont contraint à de nouvelles fermetures, il a récemment fait volte-face sur cette question.