Le plus grand épicier du Canada a vu son profit net diminuer au cours du deuxième trimestre, malgré la croissance de ses revenus, ce qu’il a attribué aux coûts liés à la pandémie de COVID-19, y compris des augmentations de salaire temporaires pour ses employés et des investissements dans ses activités de commerce électronique.

Aleksandra Sagan
La Presse canadienne

Au début de son deuxième trimestre, les Compagnies Loblaw devait traiter des volumes d’activités sans précédent, alors que les consommateurs s’approvisionnaient en nourriture et en produits de nettoyage, a souligné la présidente Sarah Davis, lors d’une conférence téléphonique avec des analystes, jeudi.

Le trimestre a été marqué par des habitudes de consommation incohérentes, a-t-elle observé.

« Le trimestre s’est terminé avec l’assouplissement progressif des restrictions et le sentiment général que nous étions en train d’installer une nouvelle normalité », a affirmé Mme Davis. « Nous nous sommes bien débrouillés avec de solides performances sous-jacentes face à des défis inattendus. »

Les revenus pour le trimestre clos le 13 juin ont grimpé de 7,4 % pour atteindre près de 12 milliards, en regard de ceux de 11,1 milliards de l’an dernier.

Mme Davis a qualifié cela de « substantiel, mais inégal » étant donné la croissance irrégulière de ses activités alimentaires et la pression négative sur ses activités pharmaceutiques.

Dans les magasins d’alimentation de l’entreprise, qui comprennent notamment l’enseigne Provigo au Québec, les ventes des magasins ouverts depuis au moins un an — une mesure clé de la vente au détail — ont augmenté de 10 %. Au cours du trimestre, la tendance de la demande a migré vers les magasins plus conventionnels de l’entreprise. Les ventes des magasins réguliers ouverts depuis au moins un an ont avancé de 18,8 %, tandis que celles des enseignes à bas prix n’ont progressé que de 4,9 %.

« Nous assistons déjà au début d’un retour (aux magasins d’escompte), a noté Mme Davis, et nous nous attendons à ce que cela s’accélère si l’économie se resserre de manière significative. »

Du côté des pharmacies Shoppers Drug Mart (Pharmaprix au Québec), les ventes comparables ont diminué de 1,1 %. Les ventes des produits divers offerts en magasin ont augmenté de 3,3 %, tandis que celles des produits pharmaceutiques ont diminué de 6,2 %.

La société a également constaté une augmentation des coûts liés à la pandémie de COVID-19.

Loblaw a dépensé 282 millions au cours du trimestre pour des mesures de sécurité pour son personnel et ses clients. De cette somme, environ 180 millions étaient consacrés aux primes salariales temporaires des employés, incluant une prime non récurrente de 25 millions versés aux travailleurs des magasins et des centres de distribution.

Loblaw, tout comme ses concurrents Empire et Metro, a mis fin à son programme de primes salariales pour la pandémie le 13 juin.

L’épicier continue d’enregistrer des coûts liés à la COVID-19, et ceux-ci se sont élevés à environ 20 millions au cours des quatre premières semaines du troisième trimestre.

Ces coûts sont « significativement inférieurs » aux quelque 90 millions dépensés toutes les quatre semaines au deuxième trimestre, a noté Chris Li, analyste chez Desjardins, dans une note.

« Nous nous attendons à ce que cela améliore la rentabilité », a-t-il écrit.

Loblaw a également enregistré une augmentation de la demande pour ses options de commerce électronique depuis le début de la pandémie, ce qui a entraîné des coûts supplémentaires.

Les activités de commerce électronique de la société ont augmenté de 280 % au cours du trimestre, a expliqué Mme Davis. Jusqu’à maintenant cette année, Loblaw a cumulé 1,2 milliard de ventes en ligne, dépassant ainsi son total de 1,0 milliard enregistré pour l’exercice 2019.

« Nous connaissons un rythme de ventes que nous n’attendions pas avant des années. »

La société a étendu son programme, notamment en ajoutant plusieurs petits centres de traitement des commandes, ajoutant des coûts qui devaient venir plus tard.

« Cela crée un vent contraire à court terme, avec une promesse à long terme. »

Le bénéfice attribuable aux actionnaires de Loblaw a chuté de 41 % à 169 millions, ou 47 cents par action, pour son plus récent trimestre. En comparaison, le détaillant avait réalisé un bénéfice de 286 millions, ou 77 cents par action, pour la même période l’an dernier.

En excluant les éléments non récurrents, le profit ajusté a atteint 266 millions, ou 74 cents par action, comparativement à celui de 373 millions, ou 1,01 $ par action, du deuxième trimestre de l’an dernier.

Les analystes s’attendaient à ce que Loblaw affiche un profit ajusté de 71 cents par action, à partir de revenus de 11,9 milliards, selon les prévisions recueillies par la firme de données financières Refinitiv.