Un jeune fonds montréalais de capital risque pour les PME émergentes en technologies et sciences biomédicales, le fonds Amplitude, a achevé une seconde ronde de capitalisation de 50 millions qui le rapproche à quelques dizaines de millions de son objectif de 200 millions d’ici la fin de l’année.

Martin Vallières Martin Vallières
La Presse

De plus, la réalisation de cette deuxième ronde survient dans le sillon de la récente réussite de l’entrée en Bourse de la première PME inscrite dans le portefeuille d’investissements initiaux d’Amplitude : l’entreprise montréalaise Repare Therapeutics, qui développe des traitements anticancer pour les personnes en déficience génétique.

Dès son entrée sur le marché américain NASDAQ, le 17 juin dernier, les actionnaires de Repare ont vu sa valeur boursière bondir à un peu plus de 1 milliard US. À raison de 30 $US par action, c’est un bond prodigieux de 50 % au-delà du prix initial de 20 $US des 11 millions d’actions émises lors de ce premier appel public aux investisseurs.

« Pour nous, au fonds Amplitude, d’avoir réussi à quadrupler la valeur de l’investissement initial dans Repare s’avère une très bonne carte de visite pour conclure cette deuxième ronde de capitalisation avec de nouveaux investisseurs, mais aussi pour accentuer nos prochaines démarches auprès d’investisseurs de l’extérieur du Canada, notamment dans les régions de New York et de Boston », a indiqué Jean-François Pariseau, coassocié principal à la direction d’Amplitude, lors d’un entretien avec La Presse.

Avec cette deuxième ronde de financement, le fonds Amplitude ajoute trois investisseurs dits « institutionnels » à son groupe de bailleurs de fonds initiaux.

Il s’agit du Fondaction, de Montréal, ainsi que de la société publique Ontario Capital Growth Corporation (OCGC), dirigée de Toronto, et de la coopérative de services financiers Vancity, établie à Vancouver.

Ils s’ajoutent à un premier contingent d’investisseurs en entreprises déjà très influents dans le Québec inc. entrepreneurial : la Banque de développement du Canada (BDC), le Fonds de solidarité, la Caisse de dépôt et placement et le fonds partenaire Teralys, ainsi que la société d’État Investissement Québec.

La suite pour les dirigeants d’Amplitude ?

D’abord, explique Jean-François Pariseau, ses collègues et lui veulent accentuer l’analyse et la réalisation de projets d’investissements en PME émergentes en technologies et sciences biomédicales.

Nous avons au moins trois projets assez avancés pour y prévoir des investissements au cours du prochain trimestre, à raison d’au moins 10 millions chacun en fonction de notre énoncé de principe d’investissent chez Amplitude.

Jean-François Pariseau, coassocié principal à la direction d’Amplitude

En parallèle, les principaux dirigeants du fonds Amplitude veulent accentuer leur sollicitation de capitaux auprès d’investisseurs en capital de risque.

Leur priorité ? Assembler et conclure d’ici la fin de novembre, au premier anniversaire des activités d’Amplitude, leur troisième ronde de capitalisation afin de combler la portion restante — environ 50 millions — pour atteindre leur objectif d’un fonds de capital de risque de 200 millions spécialisé dans les sciences et les technologies biomédicales.

« Si nous réussissons à inclure quelques investisseurs non canadiens dans cette troisième ronde, en profitant notamment de l’attention générée par Repare Therapeutics, nous pourrons renforcer la bonne continuité de ce que nous faisons très bien au Canada, c’est-à-dire développer des technologies innovatrices et prometteuses envers lesquelles les marchés financiers sont très réceptifs », selon Jean-François Pariseau.