Tranquillement, le vide dans le réseau de transport aérien régional laissé par Air Canada à la fin de juin commence à se combler. Au moins deux transporteurs, Pascan et Air Liaison, ont annoncé des plans pour étendre leur réseau, notamment en y ajoutant l’aéroport Montréal-Trudeau.

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

Pascan, dont le siège est à Saint-Hubert, sur la Rive-Sud de Montréal, pourra, à compter du mois de septembre, transporter ses passagers de l’est du Québec jusqu’à Montréal-Trudeau, d’où ils pourront plus facilement poursuivre leur voyage à l’extérieur de la province.

L’entreprise, qui utilise des avions de 19 et 34 sièges, ajoute également les aéroports de Gaspé et de Baie-Comeau à son réseau, de façon quotidienne. Elle couvrait jusque-là la Gaspésie à partir de l’aéroport de Bonaventure, liaison qui sera maintenue. Elle avait par ailleurs quitté Baie-Comeau en janvier dernier à la suite de la fin d’un contrat de livraison de cargo qui rendait le maintien rentable des activités difficile.

« Là, il y a un transporteur majeur qui se retire, il y a des besoins de service », constate Yani Gagnon, copropriétaire de Pascan.

De son côté, Air Liaison, en activité depuis 20 ans avec des bases à Québec, à Sept-Îles et à Blanc-Sablon, a elle aussi annoncé qu’elle se rendrait à Montréal-Trudeau à compter du mois d’août.

« On y pensait depuis un moment ; là, ça nous a donné le goût de l’ajouter, parce que la demande va venir », prédit Pierre Tremblay, directeur des affaires corporatives.

Le réseau d’Air Liaison compte déjà 13 aéroports au Québec. L’entreprise songe à y ajouter rapidement celui de Val-d’Or, en Abitibi, et se dit ouverte à arrêter à Mont-Joli.

« S’il faut de plus gros appareils, on va le faire », note M. Tremblay. L’entreprise exploite 3 appareils de 18 sièges et 6 de 9 sièges.

M. Tremblay met toutefois un bémol important.

PHOTO TIRÉE DU SITE DU TRANSPORTEUR AÉRIEN

Avion régional d'Air Liaison

Si on met les efforts pour améliorer notre réseau, on s’attend à avoir l’appui des autorités de chacune des régions concernées. Le but est de trouver une solution à long terme. Si on met de l’argent pour acheter de nouveaux avions, ça prend des garanties qu’Air Canada ne reviendra pas.

Pierre Tremblay, directeur des affaires corporatives chez Air Liaison

Le président d’un autre transporteur, Nolinor, a émis au début du mois de sérieuses réserves sur l’intérêt de son entreprise en ce qui concerne la place laissée vacante par Air Canada en région. Il se méfiait de la possibilité de voir les gouvernements fournir des incitations financières à Air Canada.

« On s’est brûlés de nombreuses fois, notait Marco Prud’Homme. Au début, quand j’étais plus jeune, Gaspé ou les Îles-de-la-Madeleine appelaient et je n’en dormais plus la nuit, je me mettais à penser à la façon de trouver des avions, etc. Puis, du jour au lendemain, le gouvernement concluait une entente avec Air Canada, et tout le monde nous oubliait. »

Ni Pascan ni Air Liaison n’affirment toutefois avoir encore ressenti les effets positifs du départ d’Air Canada dans leur volume de réservations. Certaines liaisons d’Air Canada n’ont d’ailleurs pas encore pris fin.

« On est encore dans un contexte de pandémie et l’été est plus tranquille de toute façon », note M. Tremblay.

« On ne voit pas encore d’impact sur septembre, octobre ou novembre », ajoute M. Gagnon.