(Rouyn-Noranda) À l’instar d’autres transporteurs comme Orléans Express et Limocar, Autobus Maheux confirme la reprise de son service interurbain entre Montréal et Rouyn-Noranda à compter de samedi (11 juillet). Il en sera de même pour sa filiale, Autobus Gatineau, qui reprendra du service à compter du lundi suivant (13 juillet).

Michel Ducas, Initiative de journalisme local
La Presse canadienne

L’aide de 8,2 millions annoncée mercredi par le ministre des Transports, François Bonnardel, permet au transporteur, dont le siège social est à Rouyn-Noranda, de faire rouler à nouveau ses autocars, bien que de façon réduite. Un seul départ quotidien entre Rouyn-Noranda et Montréal, même chose pour le trajet Montréal/Rouyn-Noranda, ainsi que pour la liaison entre Gatineau et l’Abitibi. À son plein régime, Maheux offrait trois départs par jour de Rouyn-Noranda et de Montréal. « L’aide gouvernementale nous aide à repartir nos entreprises, et c’est ce que nous voulions depuis l’arrêt de nos activités, souligne le président d’Autobus Maheux, Pierre Maheux. Tout le monde, autant du côté des transporteurs que du gouvernement, a fait un travail admirable pour que nos activités puissent reprendre. Mais cela ne veut pas dire que la rentabilité est au rendez-vous. »

Aide gouvernementale : pas le Klondike

Pierre Maheux rappelle que l’aide de Québec dépend de chaque transporteur. « En fait, pour être franc, l’aide gouvernementale fait en sorte qu’on perd moins d’argent en faisant rouler nos autocars qu’en les laissant au garage. Quant aux chiffres fournis par le ministère des Transports, ils ne reflètent pas tout à fait la réalité. Quand le ministère dit qu’il absorbe 75 % des pertes dues à la COVID-19, il refuse d’admettre certaines dépenses que nous, les transporteurs, devons absorber. Dans les faits, le gouvernement absorbe environ 60 % de nos pertes, alors que nous en encaissons 40 %. »

Les règlements pour le transport interurbain demeurent stricts : un autocar ne peut contenir que 13 passagers, qui doivent tous porter un masque. Les toilettes de l’autocar sont accessibles, mais il faudra que les passagers désinfectent la toilette avant et après leur passage. « Nous travaillons avec la Santé publique pour trouver un moyen d’ajouter des passagers, indique Pierre Maheux. On jongle avec la possibilité d’asseoir deux personnes sur une même rangée, même s’il n’y a pas deux mètres de distance, en mettant d’autres mesures sanitaires en place. Mais pour cela, il faudra qu’on nous donne le même statut que les sociétés de transport en commun comme la STM. »

Pas de liaisons intrarégionales

Quant au transport de passagers à l’intérieur de la région (La Sarre, Amos, Matagami, etc.), la situation demeure la même qu’avant la crise du coronavirus. « Les aides financières des MRC se terminaient le 31 mars, et nous ne réanimerons pas ces liaisons tant que Québec ne nous financera pas adéquatement, prévient M. Maheux. Nous sommes en train de mettre sur pieds un plan d’action à déposer au gouvernement à ce sujet. Nous ne reprendrons pas ces trajets sans une aide de Québec. »

En lieu et place, Autobus Maheux va remettre en place son service de colis Expédibus, lui aussi stoppé par la pandémie. En plus des autocars, l’entreprise enverra des véhicules dans des points de cueillette à l’extérieur du corridor Rouyn-Noranda/Val-d’Or. « On a un marché à reconquérir de ce côté-là, concède le président d’Autobus Maheux. On va même se déplacer un peu partout dans la région pour la cueillette et la livraison. » Ce service dans la région, contrairement à des transporteurs comme Orléans Express, représente un plus grand pourcentage du chiffre d’affaires de l’entreprise. « Le trajet Montréal-Québec est très populaire, et Orléans Express en a moins besoin que nous pour survivre, soutient Pierre Maheux. Ici, ça représente environ 20 % du chiffre d’affaires, et le gouvernement en tient compte dans le calcul de nos octrois. »