Que ce soit pour fuir la canicule, « changer le mal de place » ou faire des achats, il y avait du monde dans les centres commerciaux qui ont rouvert vendredi après 88 jours. Mais les détaillants, eux, n’étaient pas tous au rendez-vous.

Marie-Eve Fournier Marie-Eve Fournier
La Presse

Le stationnement du Carrefour Laval était loin d’être désert vendredi midi. Ce n’était peut-être pas la cohue habituelle, mais un flot incessant de clients franchissait la porte n5 – toujours la plus achalandée de l’endroit, faut-il préciser – avant de se désinfecter les mains.

À l’intérieur, des files devant Zara surtout, mais aussi Foot Locker, Browns et Nespresso…

« Je suis satisfait, car je constate qu’il y a un grand nombre de sacs dans les mains des clients. D’après moi, les ventes sont très bonnes », nous a dit le directeur du centre, Sébastien Perron, au cours d’une visite. Près de 40 % des commerces n'ont pas rouverts, mais la semaine prochaine, les portes fermées seront l’exception, assure-t-il.

Vide de clients, l’imposante aire de restauration offre une image particulière. Dès lundi, il sera possible d’y casser la croûte. Une table sur deux a été enlevée pour faciliter le respect des fameux deux mètres.

  • Vide de clients, l’imposante aire de restauration du Carrefour Laval offre une image particulière. Dès lundi, il sera possible d’y casser la croûte. Une table sur deux a été enlevée pour faciliter le respect des fameux deux mètres.

    PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

    Vide de clients, l’imposante aire de restauration du Carrefour Laval offre une image particulière. Dès lundi, il sera possible d’y casser la croûte. Une table sur deux a été enlevée pour faciliter le respect des fameux deux mètres.

  • Bien peu d’indices sur cette photo laissent croire que les clients sortent d’un confinement de plus de trois mois.

    PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

    Bien peu d’indices sur cette photo laissent croire que les clients sortent d’un confinement de plus de trois mois.

  • En ce premier jour de réouverture, près de 40 % des commerces du Carrefour Laval n’avaient pas encore rouverts, mais selon le directeur du centre, Sébastien Perron, la situation sera pratiquement rétablie dès la semaine prochaine.

    PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

    En ce premier jour de réouverture, près de 40 % des commerces du Carrefour Laval n’avaient pas encore rouverts, mais selon le directeur du centre, Sébastien Perron, la situation sera pratiquement rétablie dès la semaine prochaine.

  • Le masque, nouvel outil de magasinage, n’était pas la norme sur les visages aperçus au Carrefour Laval et dans les autres centres commerciaux visités par La Presse.

    PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

    Le masque, nouvel outil de magasinage, n’était pas la norme sur les visages aperçus au Carrefour Laval et dans les autres centres commerciaux visités par La Presse.

  • Les beaux jours incitent les consommateurs à se tourner vers les articles de sport.

    PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

    Les beaux jours incitent les consommateurs à se tourner vers les articles de sport.

1/5
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

« Un moment historique »

Par pur hasard, nous croisons Gilles Fortin, propriétaire des boutiques Tristan. Il « prend le pouls » du centre commercial. Il avait « besoin de parler à son staff, besoin de l’encourager » et de lui fournir des masques.

« C’est un moment historique ! On a été fermés pendant quatre mois ! », lance l’homme d’affaires, qui observe d’importantes baisses d’achalandage dans les centres commerciaux (ouverts vendredi ou depuis plus longtemps).

En fin d’après-midi, il a regardé ses chiffres de ventes magasin par magasin pour nous donner une idée de l’état de la situation. Résultat ? Les ventes ont été égales ou même supérieures à celles de la même journée en 2019. Mais on ne tire pas de conclusions d’une seule journée, insiste-t-il.

Façon de fuir la chaleur

Un saut à la Place Versailles, où rien dans l’entrée face au Canadian Tire ne nous rappelle l’existence de la COVID-19. Aucun désinfectant, aucun personnel pour nous dicter les règles sanitaires, pas la moindre flèche sur le sol.

Au centre, un couple de personnes âgées assis sur un banc mange des frites. Ils ne sont pas venus magasiner, la dame devait recevoir une injection à la pharmacie. « On n’a pas l’intention de rester », nous a dit son conjoint.

Juste derrière eux, de vieux amis sont assis pour jaser, sans masque. « On est ici parce que ça fait trois mois que je ne l’ai pas vu ! lance Yves Pelletier en pointant son complice. Puis c’est pour changer le mal de place. Ça ne me tente pas de porter un masque, je n’ai pas peur. Je ne fais pas exprès, remarquez. »

À la boutique de vêtements pour hommes Chads, les transactions ont été peu nombreuses. « Il y a beaucoup de fouineux. Beaucoup de gens sont là parce qu’il fait chaud. C’est toujours comme ça ici, quand il fait chaud », raconte Stéphane, un employé. Il croit que le port du masque devrait être obligatoire. Ça le rassurerait ? « Bien oui ! »

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Seulement 50 % des commerces du Centre Eaton et de la Place Montréal Trust sont ouverts.

« Des line-up toute la journée »

Au Centre Eaton et à la Place Montréal Trust, au centre-ville de Montréal, on est « extrêmement contents » de la première journée, déclare la gestionnaire de propriétés Nacera Zahed.

Elle affirme qu’il y a eu « des line-up toute la journée chez Yves Rocher, Pandora, Sephora et Foot Locker », entre autres. « Décathlon a connu une journée record de ventes de kayaks. Les clients venaient principalement pour les sports d’eau. » À l’heure du souper, c’était beaucoup plus calme.

Pour le moment, seulement 50 % des commerces dans ces deux centres sont ouverts, précise le propriétaire, Ivanhoé Cambridge, qui ne connaît pas la date de réouverture du Time Out Market.