La COVID-19 a eu « un effet marqué » sur les résultats de la société mère des supermarchés IGA qui a engrangé des ventes supplémentaires de 800 millions en trois mois. Résultat, des gains de parts de marché que l’entreprise « aurait été heureuse d’atteindre dans cinq ans » ont été enregistrés dans la première moitié du trimestre.

Marie-Eve Fournier Marie-Eve Fournier
La Presse

« L’un des trimestres dont nous sommes le plus fiers en 113 ans d’histoire d’Empire vient de se terminer », a résumé le président et chef de la direction, Michael Medline.

Sans vouloir dévoiler de chiffres, le dirigeant a promis de protéger « une bonne partie des gains de parts de marché » obtenus. Il a attribué cette performance à divers facteurs : efficacité de la chaîne d’approvisionnement, exécution en magasin et nouvelles habitudes de consommation, etc.

Malgré l’importante diminution de ses ventes de carburant, les revenus d’Empire ont bondi de 12,7 % au cours du 4e trimestre clos le 2 mai grâce à l’accroissement des achats dans ses supermarchés.

Par exemple, « pour la période de deux semaines amorcée le 8 mars 2020, la croissance des ventes des magasins comparables, compte non tenu des ventes de carburant, a été d’environ 50 %  », a-t-on précisé dans un communiqué. C’était le début de la pandémie et les consommateurs faisaient des réserves.

Les ventes sont ensuite revenues plus près de la normale, sans jamais l’atteindre. En fin de compte, Empire a réalisé des ventes de plus de 7 milliards, en hausse de près de 800 millions par rapport à la même période un an plus tôt. Les ventes comparables – une donnée dans l’industrie – ont crû de 18 % si l’on ne tient pas compte des ventes de carburant.

Vents favorables

La firme Nielsen a indiqué hier au cours d’un webinaire par le Conseil canadien du commerce de détail que les enseignes traditionnelles (comme IGA, Metro et Provigo) continuent de gagner des parts de marché au profit des supermarchés à bas prix (comme Maxi et Super C).

Ce phénomène, qui contraste avec la tendance des dernières années, s’expliquerait par la volonté des clients de faire tous leurs achats sous un même toit, la variété étant moins grande dans les chaînes de supermarchés à bas prix. M. Medline croit que cela va se poursuivre « à moyen terme ».

Le dirigeant croit par ailleurs que « les jours où les clients visiteront plusieurs épiceries au cours d’une semaine sont révolus », du moins dans « un horizon prévisible ».

Comme ses concurrents, Empire a aussi profité du fait qu’une « part de la consommation est passée du secteur de la restauration et de l’hôtellerie à celui des marchés d’alimentation ».

Selon la firme de sondage Léger, présente au même webinaire, malgré la réouverture officielle des restaurants, les ventes continueront d’être élevées dans les supermarchés puisque seulement la moitié des consommateurs (47 %) est « à l’aise » de retourner au resto.

« Les ventes d’épicerie ne seront pas aussi élevées à l’avenir qu’au cours de la première partie de la pandémie, mais nous pensons que cette tendance se poursuivra », a convenu M. Medline au cours d’une téléconférence avec les analystes.

Hausse du bénéfice de 46 %

Le détaillant de Nouvelle-Écosse a par ailleurs précisé avoir investi au cours du trimestre, en primes salariales, pour la sécurité et la désinfection, « environ 80 millions de dollars ».

Cela ne l’a pas empêché de dégager un bénéfice net ajusté de 178 millions en hausse de 56 millions (ou de 46 %). Rapporté par action, le bénéfice a grimpé à 66 cents alors qu’il avait été de 45 cents lors du même trimestre un an plus tôt. Les analystes s’attendaient en moyenne à un bénéfice ajusté de 62 cents.

Pour l’ensemble de l’exercice, Empire a réalisé des ventes de 26,6 milliards (+1,4 milliard) et un bénéfice net ajusté de 597 millions (+187 millions).

En outre, le détaillant en alimentation a annoncé qu’il haussait son dividende trimestriel, qui passe de 12 cents à 13 cents par action.

En Bourse, le titre d’Empire a terminé la séance à 32,76 $ en hausse de 5 %.

Rectificatif : Une version précédente de ce texte indiquait que enseignes traditionnelles perdent présentement des parts de marchés au détriment des supermarchés à bas prix, alors que c'est l'inverse. Nos excuses.