En réorganisation forcée à cause de la pandémie et du confinement, la chaîne Pacini a dû se séparer de sa présidente, Nathalie Lehoux.

Isabelle Massé Isabelle Massé
La Presse

En poste depuis cinq ans, Mme Lehoux a annoncé la nouvelle sur son compte LinkedIn. « C’est avec beaucoup d’émotions que je vous annonce que la COVID-19 a forcé mon retrait comme Happy Présidente au sein de Pacini ; c’est toute l’industrie de la restauration qui vit une grande crise actuellement, lit-on. Quoiqu’il s’agit d’un deuil important pour moi, après 18 ans d’implication et d’engagement, je souhaite plus que tout que Pacini vive la meilleure reprise possible. »

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Nathalie Lehoux

Pierre Marc Tremblay, propriétaire de la chaîne aux 27 restaurants (dont environ la moitié sont des établissements franchisés), reprend les fonctions de Mme Lehoux. « Sur le plan financier, il n’y a plus de place pour deux dirigeants, avoue-t-il. Nous sommes passés de 1 million de revenus par semaine à zéro. Juste en loyers, on parle de plusieurs centaines de milliers de dollars par mois. On s’endette à une vitesse folle. »

D’autres personnes, à la comptabilité et aux affaires juridiques notamment, ont aussi dû quitter l’entreprise. Auparavant, tout le monde avait accepté une baisse de salaire. « Je construis la chaîne depuis 20 ans et en l’espace de quelques mois, tout s’effondre », confie M. Tremblay.

Fermeture au Quartier des spectacles

Déjà en mai, on avait annoncé la fermeture de l’adresse du Quartier des spectacles, à Montréal, de Pacini, probablement à cause d’une mésentente avec le propriétaire de l’immeuble où se situait le restaurant. L’espace faisait 8500 pieds carrés et pouvait accueillir 300 clients. Par ailleurs, la direction devra revoir son plan d’expansion canadien et américain : on souhaitait éventuellement 200 restos, dont plusieurs attenants à des hôtels. « On en ouvre de nouveaux à Drummondville et Toronto, dit Pierre Marc Tremblay. Autrement, on va tout revoir. Tout est remis en question. On n’aura pas les mêmes budgets. »

Est-ce qu’il y a de l’espoir de remonter un peu la pente, alors que les restaurants rouvrent à l’extérieur de la grande région de Montréal ce lundi ? « On est dans une espèce de flou, répond Pierre Marc Tremblay. Comment le client va-t-il réagir ? On ne rouvrira pas nécessairement tous nos restaurants. Avec un peu moins de 50 % de capacité et à 50 % des ventes, on ne peut être rentables. Ça va prendre d’autres aides gouvernementales. »