Le directeur financier d’Air Canada a fait écho mardi au récent appel de son patron à un assouplissement des restrictions de voyage, malgré les inquiétudes suscitées par une deuxième vague de la pandémie de COVID-19.

La Presse canadienne

Même si la compagnie aérienne commence à voir « une certaine amélioration » dans les réservations pour les vols intérieurs, celles pour les voyages internationaux ne s’amélioreront probablement pas avant que les gouvernements commencent à lever les restrictions de voyage, a affirmé Michael Rousseau à des investisseurs lors d’un évènement organisé par la Banque Nationale.

« Les réservations ne vont s’améliorer […] que lorsque le gouvernement aura commencé à éliminer les restrictions », a-t-il fait valoir.

La semaine dernière, le chef de la direction d’Air Canada, Calin Rovinescu, faisait partie d’un groupe de plus de 130 signataires d’une lettre ouverte de l’industrie du voyage et du tourisme. Dans leur missive, ils appelaient les premiers ministres provinciaux et le premier ministre Justin Trudeau à assouplir les restrictions de voyage et à mettre en place des quarantaines ciblées seulement pour les passagers revenant de pays à risque élevé.

Les voyages d’agrément au Canada ont déjà enregistré une légère hausse, les barrières interprovinciales étant réduites, a expliqué M. Rousseau, bien que plusieurs provinces des Maritimes continuent d’interdire les voyages d’une province à l’autre, tandis que d’autres les découragent.

M. Rousseau s’attend à ce que les voyages d’affaires nationaux reprennent dès septembre, suivis des voyages d’affaires et de loisirs internationaux, mais il a souligné que le lucratif marché européen d’été échapperait à l’entreprise cette année.

« L’été est presque passé, dans une certaine mesure. Les marchés européens de loisirs sont basés sur l’été. Nous essayons de saisir une partie de cela […], mais ce sera probablement plus pour l’année prochaine », a observé M. Rousseau.

Mardi, M. Trudeau a annoncé que le Canada et les États-Unis continueraient de limiter les voyages non essentiels entre les deux pays jusqu’au 21 juillet au moins. Ottawa continuera d’exiger des passagers revenant de l’étranger de s’isoler pendant deux semaines.

La confirmation est venue le même jour que les autorités chinoises recommençaient à imposer certaines restrictions de voyage dans la capitale, alors qu’elles s’efforçaient de contenir une nouvelle épidémie de coronavirus et d’empêcher sa propagation plus répandue dans un pays qui semblait auparavant avoir réussi à contenir généralement la maladie.

Air Canada a prédit le mois dernier qu’elle perdrait environ 20 millions par jour au deuxième trimestre, puisque les fermetures de frontières et la chute de la demande pour les voyages persistaient en raison de la pandémie de COVID-19, ce qui a incité l’entreprise à priver de travail près de 20 000 employés ce mois-ci.

Selon M. Rousseau, la compagnie aérienne ne s’attend pas à ce que le nombre de passagers revienne à son niveau d’avant la pandémie avant 2023.

Le nombre de voyageurs internationaux a diminué de 97 % d’une année sur l’autre au début de juin, et les passagers des vols américains ont baissé de 98 % pour la seule journée du 7 juin, selon l’Agence des services frontaliers du Canada.