C’est demain, samedi, que les employés des trois grandes chaînes de supermarchés présentes au Québec cesseront de toucher leur « prime COVID-19 » de 2 $ l’heure. Mais à l’instar de Loblaw et Metro, Sobeys (IGA) a décidé de récompenser ses travailleurs en leur offrant des cadeaux.

Marie-Eve Fournier Marie-Eve Fournier
La Presse

Sobeys a annoncé à ses employés vendredi après-midi qu’ils auront droit à un boni qui leur sera versé « d’ici la fin juillet », a appris La Presse. Le montant variera en fonction du nombre d’heures travaillées entre le 8 mars et le 13 juin.

Plus tôt cette semaine, Loblaw avait annoncé une mesure similaire qui lui coûtera 25 millions. Chez Metro, un montant de 200 $ sera octroyé aux employés à temps plein tandis que ceux à temps partiel obtiendront 100 $ dans les prochaines semaines.

Sobeys a aussi décidé de devancer à l’automne 2020 le lancement d’un programme de « rabais significatifs » en magasin pour les employés. À l’origine, il devait entrer en vigueur en mai 2021.

Cet avantage sera offert aux travailleurs des magasins corporatifs et à ceux des centres de distribution, précisent le président Michael Medline et son responsable des ressources humaines dans une lettre.

Au Québec, « la majorité » des IGA appartiennent à des marchands affiliés, indique la porte-parole Anne-Hélène Lavoie. Pour le moment, leurs employés n’ont pas la garantie qu’ils pourront bénéficier des mêmes avantages que leurs confrères des magasins corporatifs.

« Une équipe est en train de travailler là-dessus pour voir ce qu’il sera possible de faire avec les affiliés », nous a mentionné Mme Lavoie au téléphone.

« Le danger n’est pas passé»

Jeudi, les syndicats avaient déploré la fin des primes de 2 $ l’heure versées aux travailleurs des supermarchés depuis le mois de mars.

« La compassion des épiciers n’aura pas duré longtemps !  », a commenté la Fédération du Commerce (FC-CSN) dans un communiqué. Le syndicat estime que la décision est « hâtive et injustifiée » étant donné que « la crise sanitaire n’est pas terminée ».

« Le matériel [de protection] n’est pas près de disparaître, mais les employés ne peuvent plus toucher leur prime. Il y a quelque chose de complètement incohérent là-dedans », insiste le président de la FC-CSN, David Bergeron-Cyr.

Les TUAC – qui représentent 35 000 travailleurs dans la vente au détail (magasins et entrepôts) – sont eux aussi « vraiment très déçus que les employeurs mettent fin aux primes ». Mais la porte-parole Roxane Larouche rappelle que, dès le départ, c’était prévu qu’elles soient temporaires.

« Le danger n’est pas passé. Ces travailleurs ne sont pas moins à risque et ne sont pas moins essentiels aujourd’hui qu’ils ne l’étaient hier. Rien ne justifie de mettre fin à [la prime] maintenant », a déclaré Jerry Dias, président national d’Unifor, un syndicat présent dans les commerces du Canada anglais.