Transat annonce une perte de 179,5 millions de dollars à son deuxième trimestre, mais entend reprendre le ciel à compter du 23 juillet.

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

Le transporteur québécois, dont les activités sont complètement à l’arrêt depuis le 1er avril dernier, a vu ses revenus fondre d’un peu plus du tiers (36,3 %) au cours du trimestre terminé le 30 avril.

À cette date, l’entreprise disposait de liquidités de 733,7 millions de dollars. C'est davantage que trois mois plus tôt, alors qu'elles se situaient à 682 M$. L'entreprise explique que sa performance était meilleure que l'an dernier lors du mois de février. Elle a aussi tiré des sommes de sa ligne de crédit.

La majorité de la perte est liée à des éléments extraordinaires, dont des baisses de valeur des contrats de couverture pour le carburant et les taux de change. Une part importante de ces pertes ont été effacées depuis le 30 avril, avec la remontée des prix du carburant et de la valeur du dollar, a fait savoir l'entreprise, ce qui pourrait engendrer des gains extraordinaires correspondant au troisième trimestre. Sur une base ajustée, l’entreprise affiche une perte de 38,8 millions de dollars, comparativement à une perte de 6,4 millions à pareille date l’an dernier.

Ces résultats financiers sont qualifiés de « décents » par l'analyste financier Benoit Poirier, de Desjardins, qui se réjouit particulièrement de la situation meilleure que prévu des liquidités.

« Au net (en excluant les dépôts des clients et les revenus différés), l'entreprise dispose de 409 M$ de liquidités, bien au-delà de notre prévision de 247 M$. En assumant une consommation de 40 à 45 M$ par mois pendant que les opérations sont suspendues, nous estimons que Transat dispose de 9 à 10 mois de liquidités (ou 3 mois en excluant les sommes réservées). Transat assume présentement que les crédits de voyage émis seront utilisés par les clients et non remboursés en argent, comme le prévoit la loi canadienne. »

Transat, qui avait jusqu’ici annulé tous ses vols jusqu’au 30 juin, prolonge cette suspension de trois semaines. La reprise des activités est prévue pour le 23 juillet, avec des vols vers 23 destinations internationales. Il faudra que des changements aux règles en vigueur surviennent d'ici le 23 juillet dans la plupart de ces destinations pour que les vols aient bien lieu, a admis Transat, mais elle estime qu'ils sont en voie de survenir.

Air Canada: toujours en attente

La conclusion de la vente de l’entreprise à Air Canada, si elle a lieu, ne pourra survenir avant le quatrième trimestre, a par ailleurs confirmé Transat, en raison de la décision des autorités européennes de déclencher une enquête sur des conséquences potentielles. Elle était autrefois attendue pour les prochains jours.

En attendant, l’arrangement avec Air Canada n’est pas sans conséquence, explique-t-on, puisqu’il limite la capacité d’emprunt.

« Les effets de la pandémie pourraient contraindre la Société à prendre certaines mesures, dont le recours à certaines sources de financement supplémentaires, alors que sa capacité à prendre de telles mesures est limitée et encadrée par les engagements souscrits dans le cadre de la convention d’arrangement avec Air Canada, écrit Transat.

« Entre autres, la Société s’est engagée à ne pas contracter de nouveaux emprunts sauf dans le cours normal de ses opérations et à des conditions permettant un remboursement sans pénalité au moment de la clôture de l’arrangement. Par ailleurs, la convention prévoit également que le consentement d’Air Canada à des mesures qui ne seraient pas prises dans le cours normal ne peut être refusé de façon déraisonnable. »