(Montréal) Le couperet tombe de nouveau chez Bombardier, qui sabrera jusqu’à 600 postes à son usine de Belfast, en Irlande du Nord, qui fabrique des composantes aéronautiques, dont les ailes de l’A220 — l’ancienne C Series désormais contrôlée par Airbus.

Julien Arsenault
La Presse canadienne

Cette autre restructuration, annoncée jeudi, survient moins d’une semaine après l’élimination des 2500 emplois — soit plus de 11 % de l’effectif de sa division aviation — en raison d’une baisse anticipée des livraisons d’avions d’affaires, le secteur vers lequel Bombardier effectue son recentrage. Quelque 1500 licenciements auront lieu au Québec.

Environ 3500 personnes travaillent aux installations de Belfast, qui doivent en principe passer dans le giron de la société américaine Spirit Aerosystems dans le cadre d’une transaction d’environ 1,2 milliard US annoncée en octobre et qui concernait également une usine située à Casablanca, au Maroc. La clôture est attendue avant la fin du premier semestre, donc d’ici la fin du mois.

« La semaine dernière, nous étions encore en train d’évaluer la situation à Belfast, a indiqué un porte-parole de Bombardier, Mark Masluch, au cours d’un entretien téléphonique. L’usine fabrique des produits pour Bombardier et (d’autres entreprises). Notre décision découle des interruptions survenues partout au sein de l’industrie en raison de la pandémie de COVID-19. »

Plus précisément, c’est 400 employés permanents qui perdront leur gagne-pain. Quelque 200 autres employés qui s’apparentent à des contractuels seront également touchés. Une période de consultation de 90 jours pourrait permettre d’atténuer le nombre de départs, a précisé M. Masluch.

Celui-ci a assuré que les licenciements n’étaient pas liés à l’incendie survenu le 24 mai dernier à l’usine. Le porte-parole n’a pas voulu dire si la décision d’Airbus de repousser à l’an prochain l’accélération de la cadence de production de l’A200 avait pu peser dans la balance.

Après avoir vu ses activités manufacturières perturbées par le nouveau coronavirus, Bombardier doit ajuster sa production étant donné qu’elle anticipe une baisse des livraisons de jets d’affaires de l’ordre de 30 % sur 12 mois dans l’industrie en raison de la crise sanitaire.

L’avionneur ne s’est pas avancé sur sa nouvelle cadence. Il devrait fournir plus de détails le 6 août en dévoilant ses résultats du deuxième trimestre.

À la Bourse de Toronto, jeudi, l’action de Bombardier a plongé de 17,2 %, ou 10 cents, pour clôturer à 48 cents. Puisque le cours moyen pondéré du titre est inférieur à 1 $, il pourrait bientôt être exclu de l’indice composé S&P/TSX — le principal indice du parquet de Bay Street.