(Bruxelles) Fiat Chrysler (FCA) et PSA n’ont pas proposé de concessions à Bruxelles pour dissiper ses craintes sur les effets de leur fusion sur la concurrence, ce qui rend probable une enquête approfondie sur leur mariage, selon des sources concordantes.

Agence France-Presse

La date-butoir pour émettre un premier avis sur cette fusion des deux constructeurs automobiles est maintenue au 17 juin, selon le site de la Commission européenne.  

Or, les constructeurs italo-américain et français avaient jusqu’à mercredi 10 juin minuit pour soumettre à la Commission européenne ce que l’on appelle des « remèdes » dans le jargon bruxellois, qui peuvent être des cessions d’activités ou de sites par exemple.  

Si FCA et PSA (Peugeot Citroën) avaient soumis des concessions, la date-butoir aurait été repoussée, ce qui n’est pas le cas.

Selon plusieurs sources, il est probable que la Commission décide donc la semaine prochaine de lancer une enquête approfondie (qui dure en gros quatre mois, selon les règles de l’UE) sur cette union.

En effet, leur projet de fusion soulève un problème de concurrence sur le marché très lucratif des véhicules commerciaux –techniquement rudimentaires vendus à bon prix– en Europe.

PSA (avec Peugeot, Citroën et Opel) pèse en Europe plus d’un quart de ce marché sur la base des chiffres 2019. Le groupe Fiat ajoute 9 % supplémentaires. L’ensemble cumulerait donc plus de 34 % de part de marché, plus du double du numéro 2, Renault qui est à 16,4 %.

Le fait de lancer une enquête approfondie ne préjuge en rien de l’issue finale de la décision de la Commission européenne. Cela prend toutefois davantage de temps pour avoir éventuellement une autorisation ou une interdiction. Et généralement, il est demandé aux groupes de faire des concessions.

Questionnée par l’AFP au sujet de la fusion, une porte-parole de la Commission européenne a simplement rappelé que la date butoir pour une première décision était le 17 juin.

PSA n’a fait aucun commentaire et Fiat Chrysler n’était pas immédiatement joignable. Début mai, les deux groupes avaient déclaré qu’ils restaient déterminés à finaliser leur fusion fin 2020-début 2021 malgré la pandémie de coronavirus qui a provoqué l’effondrement du marché automobile.  

Ils avaient notifié leur fusion le 8 mai à la Commission européenne.

À 11 h 23 (9 h 23 GMT), Peugeot baissait de 7,14 % à 13,34 euros dans un marché en recul de 2,49 %. Renault reculait cependant encore plus (-7,26 % à 23,05 euros).

Dans une Bourse de Milan mal en point (-2,91 %), le titre FCA dévissait (-5,93 % à 8,23 euros vers 11 h 20).