La pandémie de COVID-19 a eu des effets diamétralement opposés au sein des deux divisions de TC Transcontinental : si la cadence des activités d’emballage – sa nouvelle pierre angulaire – n’a pas été perturbée, la mise sur pause de l’économie a noirci le portrait du côté de l’impression.

Julien Arsenault
La Presse canadienne

Bien que l’entreprise québécoise ait pu procéder au rappel de quelque 600 employés mis à pied dans son secteur qui imprime notamment les circulaires qui se retrouvent dans le Publisac et des journaux, 1000 salariés, dont la plupart se trouvent au Québec et en Ontario, ne sont toujours pas revenus au travail, puisque les volumes ne sont pas encore au rendez-vous.

Outre les chaînes d’alimentation, peu de détaillants ont continué à miser sur les circulaires lorsque tous les commerces jugés non essentiels étaient fermés, a expliqué le président et chef de la direction de l’imprimeur et emballeur, François Olivier, mercredi, au cours d’un entretien téléphonique visant à discuter des résultats du deuxième trimestre.

« Même les pharmacies ont sauté leur tour à quelques reprises, a-t-il expliqué. Les circulaires incitent les consommateurs à aller dans les magasins et certains détaillants n’étaient pas suffisamment équipés pour recevoir des consommateurs. »

Lorsque la Coopérative nationale de l’information indépendante a décidé de cesser la publication de ses six quotidiens régionaux en semaine, cela a également pesé sur les volumes.

Mercredi, à la Bourse de Toronto, l’action de Transcontinental a terminé la journée à 12,80 $, en baisse de 0,52 $, soit - 3,9 %.

À l’heure actuelle, la division de l’impression tourne à 70 % de sa capacité. M. Olivier croit que cette cadence peut grimper jusqu’à 80 %, et ce, même si le Publisac a perdu un client bien connu lorsque Maxi a décidé d’abandonner sa circulaire papier.

« Je ne veux pas spéculer là-dessus, a répondu le patron de Transcontinental, lorsqu’invité à dire s’il s’attendait à ce que d’autres détaillants prennent la même décision. À l’heure actuelle, il y a un retour à la normale chez plusieurs de nos clients [du Publisac]. Certains font même plus de pages. »

Du côté de la division d’emballage, le portrait a été bien différent. Environ 80 % de ses activités se spécialisent dans l’emballage de produits de consommation – yogourt, café et barres tendres – destinés à des détaillants comme des chaînes d’alimentation.

Les mesures visant à limiter la propagation du nouveau coronavirus, qui se sont soldées par la fermeture de lieux de rassemblement comme les restaurants, ont stimulé la demande.

« Nos activités n’ont jamais ralenti, a dit M. Olivier, qui anticipe une croissance des marges et des revenus dans ce secteur d’ici à la fin de l’exercice. Au contraire, elles sont à pleine capacité depuis le début de la pandémie. »

En baisse

En ce qui a trait à la période de trois mois terminée le 26 avril, Transcontinental a vu ses revenus fléchir de 18,5 % – ce qui s’explique par la cession de certains actifs – alors que son bénéfice net a été de 25,7 millions, ou 30 cents par action, en progression de 15,2 %.

Toutefois, en excluant les éléments non récurrents, le bénéfice ajusté a fléchi de 17,1 %, à 43,6 millions, ou 50 cents par action.

Les analystes s’attendaient à ce que la société génère un chiffre d’affaires de 607,9 millions ainsi qu’un profit ajusté par action de 36 cents, selon la firme de données financières Refinitiv.

Dans une note, Drew McReynolds, de RBC Marchés des capitaux, a souligné que la performance du secteur de l’emballage avait été « solide », grâce à un bénéfice d’exploitation ajusté de 57 millions, en hausse de 8,8 %.

« La demande accrue des détaillants en alimentation a plus que contrebalancé les baisses de volume observées ailleurs », a écrit l’analyste.

M. McReynolds a estimé que le trimestre avait été mouvementé du côté de l’impression, où les revenus ont plongé de 20,5 %, à 265 millions, alors que le bénéfice d’exploitation ajusté avait été de 54 millions, en recul de 19,7 %.