Toujours dans un équilibre précaire depuis que ses activités ont été paralysées par la pandémie de COVID-19, le Cirque du Soleil aura bientôt une meilleure idée des options qui se présentent à lui dans le but de retrouver une certaine stabilité.

Julien Arsenault
La Presse canadienne

Lundi marquait la dernière journée permettant aux intéressés de déposer leurs propositions visant à acquérir ou refinancer l’entreprise de divertissement. Par la suite, celles-ci seront analysées par les conseillers de la compagnie, parmi lesquels figure la Banque Nationale, avant d’être présentées au conseil d’administration.

« Nous sommes confiants que dès qu’il nous sera possible de reprendre nos spectacles, nous redeviendrons la compagnie rentable que nous étions », s’est limitée à indiquer la porte-parole du Cirque, Caroline Couillard, dans un courriel, sans offrir de détails sur les offres reçues.

Il n’était toutefois pas possible, lundi, de connaître le nombre précis de prétendants. Selon le quotidien The Globe and Mail, qui cite une source au fait du dossier, 29 acquéreurs potentiels ont signé des ententes de confidentialité pour avoir accès aux données financières du Cirque. Moins de 10 offres sont toutefois attendues.

Les propriétaires actuels de la compagnie, le fonds d’investissement texan TPG Capital, la firme chinoise Fosun et la Caisse de dépôt et placement du Québec (CPDQ), voudront demeurer en selle après avoir consenti un financement d’urgence de 50 millions US le mois dernier. Ceux-ci pourront compter sur un prêt de 280 millions CAN offert par le gouvernement Legault, qui aura une disposition lui permettant d’éventuellement acquérir la compagnie.

The Globe and Mail a avancé que le géant du divertissement Live Nation Entertainment ainsi que la société d’investissement américaine Providence Equity Partners LLC devraient faire partie du processus.

Au Québec, Québecor ainsi que le cofondateur du Cirque Guy Laliberté, qui avait vendu ses dernières actions à la CDPQ pas plus tard qu’en février dernier, avaient chacun manifesté leur intérêt. En annonçant ses couleurs le 4 mai dernier, le conglomérat contrôlé par Pierre Karl Péladeau déplorait ne pas avoir eu accès aux données financières de l’entreprise de divertissement. Depuis, l’entreprise a toujours refusé de commenter davantage.

« Nous notons que Québecor n’est actuellement pas impliqué dans le processus », avait écrit l’analyste de Desjardins Marchés des Capitaux Maher Yaghi, dans une note envoyée aux investisseurs datée du 1er juin qui faisait le bilan d’une rencontre avec la direction de l’entreprise au cours de laquelle plusieurs sujets avaient été abordés.

Depuis, le conglomérat aurait toutefois finalement eu accès aux livres comptables de la compagnie.

Quant à M. Laliberté, celui-ci avait laissé entendre qu’un rachat de l’entreprise de divertissement devait se faire à « juste prix ». Sa porte-parole, Anne Dongois, n’avait pas voulu, lundi après-midi, faire le point sur les démarches du milliardaire québécois.

En plus de traîner une dette d’environ 900 millions US, le Cirque ne génère pratiquement aucun revenu puisque ses activités sont paralysées par le nouveau coronavirus. Cela a forcé la société à annuler, en mars, ses 44 spectacles et à licencier la quasi-totalité de son effectif, soit environ 4700 personnes.

Dans le cadre d’une entrevue avec La Presse canadienne le mois dernier, le président et chef de la direction du Cirque, Daniel Lamarre, avait laissé entendre qu’un « retour réaliste » de l’entreprise de divertissement se ferait probablement à compter de 2021.

« Il est clair que nous reprendrons nos activités […] quand les gens se sentiront en sécurité dans un théâtre ou un chapiteau et on parle de mois avant que cela se produise », avait expliqué M. Lamarre, en ne fermant toutefois pas la porte à une relance plus rapide en Chine, où le déconfinement est plus avancé.

Pour la période de 12 mois terminée en septembre dernier, le Cirque aurait généré des revenus d’environ 950 millions US, avait calculé l’agence de notation Moody’s, dans un rapport publié en mars dernier. Ses profits étaient estimés à 155 millions US.