Après une réflexion d’environ une semaine et demie, le cofondateur du Cirque du Soleil Guy Laliberté annonce qu’il tentera, avec un groupe d’investisseurs, de racheter l’entreprise qu’il a cofondée en 1984.

Vincent Brousseau-Pouliot Vincent Brousseau-Pouliot
La Presse

« C’est une décision de cœur. J’ai reçu beaucoup d’appuis de la communauté Cirque [depuis sa lettre publique il y a une semaine et demie]. Tout l’appui que j’ai reçu, ça m’a boosté. Je suis super bien entouré pour embarquer dans l’arène. La première des choses, c’est de garder le siège social du Cirque à Montréal, ensuite c’est d’avoir une équipe de direction québécoise [comme c’est le cas actuellement] et l’idéal, la cerise sur le sundae, ce serait d’avoir la majorité des actionnaires québécois. Avec des partenaires financiers, on pense qu’on a la meilleure équipe [pour acheter le Cirque] », dit Guy Laliberté, en entrevue à La Presse.

Guy Laliberté dit avoir senti une « responsabilité » de revenir au Cirque du Soleil. « Le Cirque m’a tellement donné », a dit M. Laliberté, qui a été l’un des cofondateurs du Cirque en 1984. Il a été actionnaire majoritaire du Cirque du Soleil jusqu’en 2015 et il détenait toujours 10 % des actions jusqu’en février dernier. Il n’a pas précisé dimanche quels investisseurs feraient partie de son groupe.

Le groupe de Guy Laliberté estime avoir la meilleure offre à la fois au plan financier, au plan créatif et artistique, ainsi pour l’avenir de la marque du Cirque du Soleil. Au plan artistique, M. Laliberté a indiqué avoir l’appui des artistes Robert Lepage et Franco Dragone, qui ont fait plusieurs spectacles à succès avec le Cirque par le passé.

Ayant suspendu ses activités depuis le début de la crise du coronavirus, le Cirque du Soleil traîne une lourde dette de 900 millions $ US. L’entreprise a mandaté la Banque Nationale pour trouver soit un nouvel acheteur, soit de nouveaux investisseurs minoritaires, soit des nouveaux partenaires financiers.

« Le Cirque va survivre, dit Guy Laliberté. Mais ma première inquiétude, ce qui me fait peur, c’est que ce soit seulement l’argent qui mène l’avenir du Cirque. Il y a un danger réel à ça, à ce que le prix de la relance soit trop élevé. Le Cirque va recommencer, mais avec quelle dette ? »

Au moins une dizaine de groupes se sont montrés intéressés à acheter le Cirque du Soleil. Québecor a aussi mentionné publiquement son intérêt pour le Cirque.