Quand l’industrie du transport aérien pourra reprendre de l’altitude, Air Canada souhaite que la concurrence fasse preuve de « discipline » en gérant les prix « de façon appropriée », a fait savoir mardi matin le numéro deux de l’entreprise, Michael Rousseau.

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

« Beaucoup de transporteurs vont s’être endettés durant la crise », a rappelé M.  Rousseau, chef de la direction adjoint et chef de la direction financière d’Air Canada, dans une conférence destinée aux investisseurs tenue mardi matin.

Quand les activités reprendront, « nous espérons qu’ils vont continuer de travailler à assainir leur bilan, qu’ils vont être prudents avant de se lancer dans de nouveaux marchés et qu’ils vont gérer les prix de façon appropriée, gérer leurs flux de trésorerie de façon appropriée. »

C’est en tous cas ce que l’entreprise prévoit, a-t-il indiqué, laissant ainsi entendre que les prix des billets d’avion pourraient être relativement élevés à ce moment.

Aide gouvernementale

Air Canada attend par ailleurs toujours de connaître les détails du Crédit d’urgence pour les grands employeurs (CUGE), annoncé la semaine dernière par Ottawa, afin de déterminer s’il sera utile pour elle, a fait savoir M. Rousseau. Il espère que ces détails seront disponibles « d’ici une semaine ou deux ».

Le Canada tire de l’arrière jusqu’à présent en termes d’appuis à son industrie aérienne, a-t-il relevé, notamment face aux États-Unis.

« Nous sommes en compétition avec le monde, avec les 50 meilleurs transporteurs aériens au monde, a-t-il rappelé. Nous croyons donc que les programmes gouvernementaux doivent être comparables jusqu’à un certain point, pour que nous puissions continuer de rivaliser avec le monde. »

Selon lui, imposer aux transporteurs aériens de laisser des sièges libres, en plafonnant par exemple la capacité des avions à 60 %, « n’est pas soutenable », puisque le marché ne serait pas prêt à accepter les hausses de prix qui en découleraient.

À propos des mises à pied annoncées vendredi dernier dans un courriel interne de l’entreprise, et qui pourraient atteindre jusqu’à 20 000 personnes, M. Rousseau a rappelé que l’entreprise économiserait ainsi les paiements liés aux fonds de pension, assurances et autres bénéfices marginaux de ces employés. Leurs salaires sont déjà pris en charge par Ottawa, en vertu de la Subvention salariale d’urgence.

« Ce n’est pas un immense montant, mais ça va aider à préserver nos liquidités. »