Fermés depuis la mi-mars, des secteurs importants de l’économie québécoise, comme les détaillants non alimentaires, les chantiers de construction et les manufacturiers, s’apprêtent à relancer leurs activités d’ici à la mi-mai.

Martin Vallières Martin Vallières
La Presse

Cette relance s’annonce très progressive et sous haute surveillance des autorités de santé publique et de sécurité des travailleurs. D’ailleurs, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a préparé des guides spéciaux à l’intention des détaillants, des manufacturiers et des constructeurs qui rappelleront bientôt leurs employés au travail.

Tous les employeurs devront notamment vérifier quotidiennement la présence de symptômes chez leurs employés en plus de s’assurer des règles de distanciation personnelle d’au moins deux mètres entre les employés, d’assurer un suivi sur le lavage des mains et des autres mesures sanitaires. 

Par ailleurs, chaque secteur aura des particularités. 

Chez les commerçants et détaillants 

C’est surtout dans la réorganisation de leur façon d’accueillir et de servir leurs clients en magasin que les détaillants seront confrontés à des normes spécifiques, tout en veillant à la protection sanitaire de leurs employés.

À cet égard, prescrit la CNESST, les détaillants devront : 

• installer un panneau à l’entrée du magasin avec toutes les informations d’usage ;

• limiter le nombre de clients dans le commerce avec, au besoin, une personne à l’extérieur pour gérer la file d’attente avec une distanciation physique de deux mètres (un peu plus de six pieds) ;

• établir un sens unique de circulation entre les allées en magasin, avec signalisation de distanciation interpersonnelle de deux mètres partout en magasin ;

• laisser les clients déposer eux-mêmes leurs achats dans des sacs et désinfecter les poignées de paniers de magasinage après chaque utilisation ;

• effectuer les livraisons à l’auto ou à domicile en déposant les colis au sol devant le client, à une distance de deux mètres ; nettoyage de mains par les livreurs entre chaque livraison ;

• privilégier le paiement électronique sans contact manuel aux caisses. Et lors de paiements en argent comptant, les caissiers se désinfectent les mains immédiatement après ;

• adapter les caisses et autres comptoirs de service aux normes de distanciation interpersonnelle en installant des cloisons transparentes ;

• instaurer le port d’équipements de protection individuelle (masque respiratoire, lunettes de protection ou visière, gants) pour les employés en proximité interpersonnelle inévitable avec les clients.

Dans le secteur manufacturier 

C’est surtout dans la réorganisation de leurs méthodes de travail que les manufacturiers seront confrontés à des défis spécifiques. Dans son guide COVID-19, la CNESST leur recommande notamment de : 

• privilégier des équipes réduites et plus stables ;

• réduire les rotations de tâches et de postes de travail entre les employés ;

• réduire ou éviter le partage d’équipements manuels et, si c’est inévitable, les nettoyer entre chaque usager et après chaque quart de travail ;

• éviter les allées et venues de travailleurs d’autres entreprises, de clients ou de fournisseurs externes ;

• effectuer la manutention des matériaux, des marchandises et des chargements pour livraison avec un nombre réduit d’employés, mais davantage de moyens mécaniques ;

• instaurer la disposition après chaque quart de travail des équipements de protection individuelle à usage unique dans des poubelles refermables spécifiques ;

• instaurer la désinfection après chaque quart de travail des équipements de protection individuelle réutilisables, comme les lunettes et les casques à visière.

Sur les chantiers de construction 

PHOTO USTIN SULLIVAN, AGENCE FRACE-PRESSE

Sur les chantiers, les travailleurs sont invités à ne pas partager les outils. 

Les gestionnaires de chantiers doivent fournir sur place à leurs travailleurs des installations sanitaires qui soient de capacité suffisante pour l’application des mesures d’hygiène rehaussées, comme le nettoyage fréquent des mains et des outils de travail.

Parmi les autres mesures spécifiques aux travailleurs en construction, la CNESST leur prescrit notamment de :

• porter un masque ou une visière faciale pour les tâches nécessitant d’être à moins de deux mètres d’autre travailleur pour une période de plus de 15 minutes, sans barrière physique ;

• éviter de partager les outils entre les travailleurs. Dans ce cas, désinfecter les outils entre chaque passation ;

• nettoyer et désinfecter les outils et les équipements de travail partagés à la fin de chaque quart de travail ;

• répartir l’horaire des travaux pour éviter la présence d’un grand nombre de travailleurs au même endroit, en même temps ;

• réduire de moitié (à 50 %) le taux d’occupation des véhicules de transport des travailleurs.

Source : Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST)