Discrets jusque-là, les principaux transporteurs aériens au pays haussent le ton afin d’obtenir l’aide du gouvernement fédéral.

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

Le Conseil national des lignes aériennes du Canada (CNLA), un organisme regroupant Air Canada, Transat, Jazz Aviation et WestJet, a publié mardi un communiqué pour amener le débat sur la place publique.

« Bien que [le CNLA] accueille favorablement les indications du gouvernement du Canada selon lesquelles une certaine forme de soutien est prévue, le temps presse puisque la situation économique des compagnies aériennes canadiennes se détériore rapidement », y écrit-il.

Alors que les États-Unis et plusieurs autres pays, notamment en Europe, ont déjà bougé pour appuyer spécifiquement leurs transporteurs, le Canada ne leur a jusqu’à présent offert qu’un accès à la Subvention salariale d’urgence du Canada, comme à la grande majorité des entreprises au pays.

En plus d’une aide financière, peu importe la forme, qui permettra à ses membres de traverser la crise, le CNLA souhaite que le gouvernement revoie les nombreux tarifs d’aéroports ou de navigation qui rendent leurs coûts d’exploitation plus élevés que dans d’autres pays.

Liquidités

Kevin Chiang, analyste de la Banque CIBC, a calculé, dans une note publiée au début du mois, qu’Air Canada, Transat et Chorus (propriétaire de Jazz) étaient respectivement capables de survivre 14, 6 et 16 mois avec leurs liquidités actuelles. Dans ce contexte, l’aide gouvernementale ne semble pas urgente.

« Il s’agit d’une industrie où il faut beaucoup de capital », rétorque le président et directeur général du CNLA, Mike McNaney.

Les réserves ne sont pas faites pour survivre quand l’industrie au complet est arrêtée et qu’il n’y aucun revenu. Elles doivent servir à investir dans la flotte et dans le réseau. En plus, plusieurs de nos compétiteurs ont déjà reçu des fonds et nous devrons rivaliser avec eux.

Mike McNaney, président et directeur général du CNLA

Selon l’organisme, ses membres ont été contraints par la pandémie de clouer au sol des avions dont la valeur totalise 10 milliards de dollars. Une minorité d’entre eux sont entièrement payés, les autres sont loués ou font l’objet de prêts.

Aux États-Unis, les transporteurs ont reçu de l’aide du gouvernement fédéral, mais ont aussi été contraints de rembourser les sommes déjà perçues pour des voyages annulés. Au Canada, Ottawa accepte que les passagers reçoivent un crédit, plutôt qu’un remboursement.

M. McNaney a refusé mardi d’indiquer si ses membres accepteraient qu’une aide soit conditionnelle à un remboursement auprès des passagers.

« C’est entre nous et le gouvernement », a-t-il simplement indiqué.