Après avoir donné un sérieux coup de pouce aux travailleurs, le gouvernement Trudeau vient prêter main-forte aux entreprises canadiennes en facilitant l’accès au programme fédéral de prêts garantis. Les petites entreprises pourront également obtenir un congé de loyer de trois mois, promet Ottawa.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
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« C’est du financement que les entrepreneurs et les employeurs pourront utiliser pour combler leurs besoins de liquidité et d’autres dépenses immédiates », a expliqué le premier ministre Justin Trudeau jeudi lors de son point de presse quotidien.

Essentiellement, Ottawa assouplit les critères d’admissibilité du Compte d’urgence pour les entreprises (CUE) pour permettre à grand nombre d’entreprises de profiter de ce populaire programme de prêts sans intérêt lancé il y a trois semaines.

Auparavant, seules les entreprises qui avaient une masse salariale de 50 000 $ à 1 million en 2019 pouvaient obtenir le prêt garanti de 40 000 $. Maintenant, les entreprises qui avaient de 20 000 $ à 1,5 million de dollars en masse salariale l’an dernier pourront également profiter du programme fédéral.

Comme c’était déjà le cas, les entreprises pourront conserver jusqu’à 10 000 $ du montant si elles remboursent le reste du prêt d’ici la fin de décembre 2022.

Le programme de prêts garantis est très populaire chez les PME. En date de la semaine dernière, 195 000 prêts avaient été accordés par les institutions financières pour un total de plus de 7,5 milliards de dollars de crédit.

L’assouplissement des critères d’admissibilité va permettre aux entreprises canadiennes de « rebondir le moment venu » et de « sortir de cette crise », assure le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau. « Nous allons continuer de faire tout ce que nous pouvons pour que les Canadiens aient le soutien nécessaire pendant la pandémie et pour que notre économie demeure résiliente pendant ces moments critiques », soutient-il.

> Consultez le compte d'urgence pour les entreprises

Trois mois de loyer payés

Ottawa vole aussi à la rescousse des commerçants qui peinent à payer leur loyer pendant la pandémie en déployant l’Aide d’urgence du Canada pour le loyer commercial (AUCLC). Ce programme fonctionnera en deux temps. Les propriétaires d’immeubles commerciaux pourront obtenir des prêts – notamment conditionnels – du gouvernement fédéral. Mais en contrepartie, les propriétaires devront annuler ou réduire les loyers des mois d’avril, mai et juin des petites entreprises.

Bien des détails doivent toutefois être ficelés avant de mettre en place le programme d’aide, car il s’agit d’une compétence provinciale. « On doit collaborer avec les provinces et les territoires puisqu’ils sont responsables de gérer tout ce qui a trait aux loyers. On espère avoir plus de détails bientôt », a affirmé le premier ministre. On ignore donc combien cette mesure coûtera au Trésor canadien.

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) s’est réjouie des annonces du gouvernement fédéral pour venir en aide aux petites entreprises. Les nouvelles règles d’accès aux prêts garantis vont permettre à bien des entreprises d’obtenir l’aide nécessaire, ajoute la Fédération.

« Cependant, les entreprises en démarrage, celles qui privilégient un revenu de dividendes plutôt qu’un salaire ainsi que les travailleurs autonomes ne sont toujours pas admissibles à ce programme d’aide », déplore la FCEI.

La Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) accueille également de façon favorable l’élargissement du programme de prêts et l’aide pour le paiement des loyers commerciaux.

« [Ce] sont de bonnes nouvelles pour de nombreuses PME en manque de liquidités. La FCCQ s’inquiète toutefois du niveau d’endettement de ces entreprises qui continue d’augmenter, d’où l’importance de prévoir également des aides directes », soutient le porte-parole Félix Rhéaume.