(Montréal) La Ville de Montréal mise notamment sur la livraison à vélo pour soutenir les entreprises de la métropole et favoriser le commerce de proximité en cette période de crise. Le « Service de livraison urbaine » à vélo fait partie d’une série de mesures annoncées lundi par l’administration Plante.

Stéphane Blais
La Presse canadienne

Il y a deux semaines, Joffrey Fuzet, le directeur général de livraison LVM, une entreprise de livraison de gros colis à vélo, faisait des mises à pied, mais aujourd’hui, il a besoin de main-d’œuvre.

« Aujourd’hui, on embauche, a-t-il lancé au bout du fil à La Presse canadienne. Non seulement on fait travailler des gens, mais on permet à des commerces de quartiers de passer à travers la crise. »

Livraison LVM est l’une des trois entreprises de livraison à vélo qui font partie du projet chapeauté par la Ville et Jalon Montréal.

Le service, dont la phase pilote a été lancée il y a une dizaine de jours, permet aux commerçants qui n’ont pas de services de livraison de rejoindre les clients de leur quartier.

Il s’adresse à la fois aux commerces qui fournissent des biens essentiels qu’aux magasins qui n’ont pas le droit d’ouvrir leurs portes et qui peuvent uniquement vendre en ligne.

« On a des épiciers, mais aussi une librairie, une boutique de jeux de société, une animalerie qui vend de la nourriture, une boutique de savons, et certains de ces commerces n’avaient tout simplement plus de revenus avant l’arrivée du service », a expliqué Joffrey Fuzet en ajoutant que « le projet couvrira la majorité de la ville ».

« Ça marche bien jusqu’à présent, mais il faut qu’on finisse par mettre sur pied quelque chose de durable, que le projet continue après la crise », insiste-t-il.

Rapide et efficace

« En ville, le vélo est plus efficace que la voiture pour les livraisons », selon Cédric Chaperon, le fondateur de l’entreprise La Roue Libre, qui fait également partie du projet.

« Certaines grandes bannières en alimentation ont des temps d’attente de plusieurs jours avant la livraison. Nous on peut livrer la journée même », a-t-il expliqué en insistant sur le fait que l’initiative s’adresse aux Montréalais qui souhaitent continuer d’encourager les commerces de leur quartier.

M. Chaperon affirme que les vélos de son entreprise peuvent tirer jusqu’à 400 livres de marchandises avec leur remorque, ce qui représente le poids de deux réfrigérateurs.

« En plus c’est écologique », a-t-il rappelé.

« La crise de la COVID-19 provoque des changements majeurs dans le commerce de proximité et fragilise la structure commerciale de Montréal. Or, le commerce de proximité est fondamental au dynamisme des quartiers de la métropole et à l’identité montréalaise », a écrit le responsable du développement économique et commercial de la Ville de Montréal, Luc Rabouin, dans un communiqué à propos du nouveau service de livraison urbaine.

Le service de livraison à vélo est une initiative développée par la Ville de Montréal, les Sociétés de développement commercial de Montréal (SDC), Coop Carbone et Jalon Montréal.

Les commerçants qui souhaitent manifester leur intérêt pour le projet peuvent remplir le formulaire sur le site de la ville. Montréal mettra ensuite les commerçants en contact avec les SDC concernées.

« J’invite les commerçants à s’inscrire et bien sûr j’invite les Montréalais et Montréalaises à consommer local, à soutenir les petits commerçants, on a besoin d’eux, on les aime, on veut leur dire », a soutenu la mairesse Valérie Plante dans un message publié sur les réseaux sociaux.