Il y a plus d’une semaine, Sophie Morin prenait encore les risques de propagation de la COVID-19 à la légère, faisant même des blagues en coiffant un client tout juste revenu de voyage. Mais voilà que maintenant, le salon pour lequel elle travaille est fermé et la coiffeuse, qui, dans son travail, peut difficilement rester à distance d’un mètre avec les gens, a vite réalisé qu’avoir les mains dans le shampoing n’était plus assez rassurant pour elle.

Nathaëlle Morissette Nathaëlle Morissette
La Presse

Coiffeuses, dentistes, chiropraticiens, massothérapeutes, ils ont tous un point en commun : celui d’être à proximité des gens et de devoir les toucher lorsqu’ils travaillent. Fermeture temporaire, lavage fréquent de l’équipement et réduction du nombre de rendez-vous sont autant de mesures prises par ces professionnels pour minimiser les risques sur leur santé et pour celle de leurs clients.

« Jeudi passé, je ne faisais plus de poignée de main ni de câlin à mes clients », raconte Sophie Morin qui a commencé à prendre conscience du problème à la fin de la semaine dernière.

Elle souligne par ailleurs que le salon où elle coiffe, situé près de la station de métro Berri-UQAM et du terminal d’autocars au centre-ville de Montréal, se trouvait dans une zone que l’on pourrait appeler à risque. « Normalement, les gens sortent du bus, ils arrivent de New York et ils viennent se faire coiffer », explique-t-elle. Dans ces conditions, elle se dit soulagée de ne plus avoir besoin d’aller travailler, et ce, même si elle se retrouve sans salaire. Dans un élan de générosité, toutefois, certains clients, dont le rendez-vous a été annulé, ont quand même tenu à payer ce qu’ils auraient déboursé s’ils s’étaient fait coiffer.

Plus de lavage, moins de rendez-vous

Du côté des dentistes et des chiropraticiens, la plupart des cliniques offrent toujours des services. Toutefois, les règles d’hygiène ont été resserrées et on accepte uniquement les patients considérés comme des cas urgents. Le Dr Guy Lafrance, président de l’Ordre des dentistes du Québec, n’a pas de crainte pour sa santé. « On travaille avec les virus et les bactéries de la bouche depuis toujours et on a des normes aseptiques rigoureuses. »

Il pense davantage à la sécurité des patients. Dans le but de minimiser les déplacements des gens et d’éviter qu’ils ne s’entassent dans les salles d’attente, les cliniques dentaires n’acceptent que les cas urgents comme les saignements prolongés, les douleurs insupportables ou encore les infections causant des enflures importantes.

Même vigilance du côté de l’Ordre des chiropraticiens du Québec. Désinfection des salles, des poignées de portes, lavages des mains avant et après chaque consultation et réaménagement des salles d’attente ne sont que quelques exemples des moyens utilisés en ce moment dans les différentes cliniques, explique le Dr Jean-François Henry, président de l’Ordre. S’il admet que certains des 1355 membres ont cessé de pratiquer temporairement, le Dr Henry assure pour sa part ne pas être inquiet pour sa propre santé. « Je prends des précautions pour diminuer au minimum les risques. »