(Londres) La banque britannique HSBC a annoncé mardi avoir nommé comme nouveau directeur général Noel Quinn, actuel patron par intérim et artisan d’un plan de restructuration drastique pour une banque qui était déjà en difficulté avant la pandémie du coronavirus.

Jean-Baptiste OUBRIER
Agence France-Presse

Cette annonce met un terme à des mois de spéculation autour du nom du futur dirigeant de ce géant bancaire et survient alors que la crise de la COVID-19 secoue le secteur bancaire et l’économie mondiale.

Noel Quinn, 58 ans, qui a passé l’essentiel de sa carrière chez HSBC, prend ses fonctions de directeur général avec effet immédiat, a indiqué la banque.

« Noel a prouvé qu’il était un candidat exceptionnel pour occuper cette fonction de manière permanente après avoir été impressionnant depuis août », quand il avait été nommé directeur général par intérim, souligne Mark Tucker, le président du conseil d’administration.

« Il a montré qu’il comprenait très bien HSBC, les défis auxquels nous faisons face et les possibilités de croissance qui existent », a-t-il ajouté.

De son côté, l’heureux élu s’est dit « honoré » et a expliqué qu’il restait « beaucoup à faire ».

Sous son impulsion, la banque, qui a essuyé une chute de ses profits en 2019, a dévoilé le mois dernier une radicale réorganisation impliquant la suppression de 35 000 emplois en trois ans et une sévère réduction de voilure aux États-Unis et en Europe.

Basé à Londres, mais actif à travers le monde, et surtout en Asie où il réalise la grande partie de ses bénéfices, le groupe, déjà engagé dans un vaste plan de réduction de coûts, prévoit désormais de réduire ses effectifs totaux de pratiquement 15 %.

HSBC veut se recentrer sur l’Asie et le Moyen-Orient, jugés plus rentables, au détriment de ses activités de banque d’investissement en Europe et aux États-Unis.  

Noel Quinn avait été propulsé directeur général par intérim l’été dernier quand son prédécesseur John Flint avait été brutalement évincé après deux ans en poste seulement.

La banque n’avait pas donné de raison alors, mais estimait qu’un changement était nécessaire dans un environnement difficile entre taux bas, ralentissement de la croissance et Brexit.

M. Quinn a rapidement endossé le rôle et a pris des mesures bien plus radicales que John Flint.

« Certains pans de nos activités ne génèrent pas des performances acceptables », avait lancé M. Quinn le mois dernier en présentant ses mesures pour remettre d’aplomb la banque forte de plus de 200 000 salariés.

Le dirigeant est un pur produit de HSBC dont il a gravi lentement les échelons en plus de trois décennies.

Monsieur tout le monde

Après avoir eu de hautes responsabilités en Amérique du Nord et en Asie, Noel Quinn avait été nommé patron de la banque commerciale dans le monde en 2015, poste occupé jusqu’à l’été dernier.

Dans un portrait que lui avait consacré le Financial Times en octobre dernier, M. Quinn était décrit comme un monsieur tout le monde au caractère jovial et « normal », loin des banquiers sortis des prestigieuses universités de Cambridge et d’Oxford, et l’opposé de son prédécesseur, qualifié de plus cérébral.

Fan d’Aston Villa, club de football de Birmingham (centre de l’Angleterre), il aime le golf et la marche, et est marié et père de trois enfants, notait le quotidien des affaires.

Les défis qui l’attendent sont immenses puisqu’au-delà de la restructuration en cours, le dirigeant va devoir trouver les moyens de faire retrouver le chemin de la croissance à HSBC, ce qui ne sera pas aisé compte tenu de la crise sanitaire du coronavirus.

En publiant les résultats annuels en février, le groupe avait reconnu que l’épidémie de coronavirus pourrait assombrir ses perspectives et peser sur ses performances en 2020.

Mais l’épidémie touchait à l’époque essentiellement la Chine et c’était sans compter alors sur sa propagation dans le monde, notamment aux États-Unis et en Europe, avec désormais une récession redoutée dans de nombreux pays.