La rémunération globale du président et chef de la direction du Mouvement Desjardins, Guy Cormier, est demeurée stable l’an dernier, ce qui n’a pas empêché le montant empoché par celui-ci de fléchir d’environ 11 %.

Julien Arsenault
La Presse canadienne

Au terme d’une année marquée par un vol de données personnelles massif, M. Cormier a vu son salaire global, qui tient compte du salaire de base, de sa prime et de son régime de retraite, s’établir à environ 3 millions.

Toutefois, sa paye directe — la somme qui lui a été versée — a été de 1,78 million, ce qui constitue une baisse de 10,91 % par rapport à 2018, peut-on lire dans la notice annuelle de Desjardins déposée auprès des autorités réglementaires.

L’an dernier, l’excédent avant ristournes du groupe coopératif financier a été de 2,6 milliards, en hausse de 11,7 %. Cela devrait se traduire par le versement 317 millions aux membres, ce qui constitue une hausse de 25 % par rapport à 2018, et le montant le plus élevé depuis 2011.

Malgré ces bons résultats, la prime versée à M. Cormier a plutôt plongé de 32 %, à 713 180 $

Desjardins a expliqué dans un courriel que la plupart des cibles avaient été atteintes, comme pour les revenus, les excédents, les ristournes et le membership, mais qu’il en avait été autrement en ce qui a trait au secteur de l’assurance.

« Il s’agit du boni le plus bas depuis 2008 », a indiqué la porte-parole de la coopérative, Chantal Corbeil.

Le traitement de M. Cormier demeure inférieur à celui réservé aux patrons des deux banques québécoises. À la Banque Nationale, le président et chef de la direction Louis Vachon a eu droit l’an dernier à un traitement de 8,4 millions. Du côté de la Banque Laurentienne, le salaire global du président et chef de la direction François Desjardins a été de 3,09 millions.

En 2019, la rémunération globale des cinq principaux dirigeants de Desjardins a totalisé 8,44 millions, ce qui constitue un recul de 6,2 % comparativement à l’année 2018, constate-t-on à la lecture du document.

Desjardins a également divulgué le traitement d’Alain Leprohon, même s’il n’est le chef de la direction financière que depuis le 3 décembre dernier, à la suite d’un remaniement au sein de la haute direction.

M. Leprohon avait succédé à Réal Bellemare, qui avait alors été nommé premier vice-président exécutif et chef de l’exploitation. De 2018 à 2019, la paye totale de M. Leprohon est passée de 634 362 $ à 810 362 $.

Ce brassage de cartes avait mené aux départs de Denis Berthiaume, qui était le premier vice-président exécutif et chef de l’exploitation, ainsi que de Chadi Habib, premier vice-président aux technologies de l’information, dans la foulée du vol de données ayant touché l’ensemble des quelque 4,2 millions de membres particuliers et 1,8 million de détenteurs de cartes de crédit. La notice annuelle de Desjardins n’indique pas si MM. Berthiaume et Habib ont eu droit à des indemnités de départ.

En ce qui a trait au vol de données, la facture est maintenant estimée à 108 millions, alors que la prévision initiale était de 70 millions.

Les assemblées annuelles du groupe financier coopératif sont prévues les 27 et 28 mars, ce qui marquera le début du deuxième mandat de M. Cormier à la présidence.