(Francfort) La branche camions de Volkswagen, Traton, veut racheter pour 2,9 milliards de dollars US en numéraire l’intégralité du constructeur de poids-lourds américain Navistar pour se faire une place sur le marché américain.

Agence France-Presse

« En cas d’acceptation de l’offre, Traton deviendrait le propriétaire unique de Navistar », indique Volkswagen jeudi dans un communiqué.

Navistar, dont Traton détient déjà 16,8 %, a de son côté expliqué qu’il « étudiera attentivement » la proposition « non sollicitée ».

L’offre représente un prix de 35 $ US par action, soit 45 % de plus que le cours de clôture du titre le 29 janvier, précise Volkswagen.

Traton et Navistar, respectivement 81 000 et 14 000 employés, sont liés depuis 2017 par une coopération stratégique en matière de technologie et une coopération pour les achats.

Le constructeur allemand, qui est principalement présent en Europe et en Amérique Latine, cherche à étendre ses activités de bus et de camions aux États-Unis, où ses concurrents Daimler et Volvo sont déjà fortement implantés.

Navistar, qui se vente d’être le « leader » du marché américain des bus scolaires, a affiché en 2019 un chiffre d’affaires de 11,3 milliards de dollars pour 106 500 véhicules vendus. Il commercialise la marque International Truck.

Traton, entité regroupant notamment les camions MAN et Scania, a vendu en 2019 242 000 unités. Le chiffre d’affaires 2018 s’est élevé à 25,9 milliards d’euros.

L’introduction partielle en Bourse de Traton en juin 2019 visait déjà à accélérer son expansion mondiale dans le but de devenir un « global champion » du secteur.

Dans un communiqué, Volkswagen loue « les complémentarités » entre sa filiale et Navistar, dont le rassemblement pourrait créer « une entreprise de portée internationale ».

« Le groupe Volkswagen a donné son accord de principe pour mettre à disposition les moyens de financement de l’offre », a précisé le constructeur.

La transaction, si acceptée, pourrait être conclue « d’ici fin 2020 », a ajouté le groupe.

Volkswagen a multiplié ces dernières années les acquisitions. Mais, engagé dans un vaste et coûteux virage vers la mobilité électrique, il tente désormais de se concentrer davantage sur ses activités automobiles primaires tout en simplifiant sa structure.

Dans un communiqué distinct jeudi, le groupe a annoncé la vente à la société d’investissement Triton de sa part de 76 % dans le fabriquant de boites à vitesse Renk.

La transaction de « près de 530 millions d’euros » doit être finalisée « début 2021 », sous réserve de validation par les autorités de la concurrence, précise Volkswagen.

« L’entrée en Bourse de Traton était une première étape importante pour notre focalisation », expliqué Frank Witter, directeur financier, cité dans un communiqué. « Avec la vente de notre part dans Renk nous poursuivons cette stratégie. »

Le constructeur envisage également de se séparer de MAN Energy Solutions, spécialiste des grands moteurs diesel pour bateaux.