Le géant de l’aviation Boeing a enregistré sa première perte annuelle en plus de deux décennies alors que les coûts liés à son avion de marque 737 MAX ont doublé pour atteindre plus de 18 milliards US après deux écrasements mortels.

David Koenig
Associated Press

Le nouveau chef de la direction de l’entreprise, David Calhoun, a confirmé mercredi que les autorités réglementaires certifieraient les modifications apportées par Boeing au 737 MAX d’ici la moitié de l’année. Et il a critiqué la direction précédente de l’entreprise pour ne pas avoir divulgué immédiatement de nombreuses communications internes accablantes.

Boeing a affiché une perte de 1 milliard US au quatrième trimestre, les revenus ayant chuté de 37 % en raison de l’interdiction de vol qui vise le MAX. La société a suspendu les livraisons de l’avion au printemps dernier et ne s’attendait pas à ce que cette interruption dure aussi longtemps.

La société a perdu 636 millions US pour l’ensemble de l’exercice 2019.

Boeing a ajouté 9,2 milliards US supplémentaires aux charges liées aux concessions accordées aux lignes aériennes qui ont annulé des milliers de vols d’appareils MAX et aux coûts plus élevés liés à l’indemnisation. Cela a doublé son estimation du coût total attribuable à la crise, pour la porter à 18,6 milliards US.

Les revenus ont chuté à 17,91 milliards US, ce qui était inférieur aux attentes de Wall Street de 21,70 milliards US, selon les prévisions recueillies par FactSet auprès des analystes.

Malgré les mauvaises nouvelles de la société, Wall Street semblait être heureuse que la situation ne soit pas pire. L’action de Boeing prenait 2,5 % à 324,53 $ en après-midi à la Bourse de New York.

Le 737 Max est cloué au sol depuis mars dernier, après que deux écrasements en cinq mois ont tué 346 personnes en Indonésie et en Éthiopie. La crise a torpillé les ventes et les livraisons de nouveaux avions, laissant Boeing loin derrière son rival Airbus. La crise a entraîné un arrêt de la production des MAX, des licenciements chez les fournisseurs et conduit au licenciement de son patron Dennis Muilenburg.

Les compagnies aériennes américaines qui possèdent des appareils MAX – Southwest, American and United – ne s’attendent pas à ce qu’ils reprennent leur envol avant que la saison de pointe de l’été soit terminée. En outre, il est impossible de savoir si les passagers seront prêts à remonter à bord de l’avion.

Le chef de la Federal Aviation Administration, Stephen Dickson, a indiqué à la fin de la semaine dernière aux responsables de la compagnie aérienne américaine qu’il était satisfait des progrès de Boeing en vue du retour en activité du MAX cette l’année, évoquant la possibilité que l’avion puisse voler plus tôt que Boeing ne l’avait estimé.