(Montréal) Une augmentation du prix des billets et la progression des revenus accessoires ont permis à Transat A. T. de tripler ses profits au quatrième trimestre, alors que le voyagiste québécois est en voie de passer sous l’aile d’Air Canada.

Julien Arsenault
La Presse canadienne

La société mère d’Air Transat a engrangé un bénéfice net de 20,3 millions, ou 54 cents, pour la période de trois mois terminée le 31 octobre, alors que son chiffre d’affaires a grimpé de 3,7 %, à 693,2 millions.

« Globalement, même en tenant compte de la maintenance plus élevée par rapport à l’an dernier, la profitabilité a été supérieure comparativement à 2018 », a expliqué le chef de la direction financière de la compagnie, Denis Pétrin, jeudi, au cours d’une conférence téléphonique.

En moyenne, les prix étaient plus élevés de 1,8 % pour les destinations transatlantiques — le principal marché de Transat A. T. pendant les saisons estivale et automnale. Du côté des destinations soleil comme Cuba et la République dominicaine, l’augmentation des prix était en moyenne de 3,9 %.

Pour l’ensemble de l’exercice, les frais accessoires, comme les services à la carte, les repas et les surplus pour bagages, ont bondi de 50 % pour s’établir à 162 millions cette année.

Popularisés par les compagnies aériennes à faible coût il y a plus d’une décennie, ces frais occupent une place de plus en plus importante dans l’industrie, puisqu’ils permettent aux transporteurs de diversifier leurs revenus et mieux faire face aux fluctuations du prix du carburant et de la concurrence.

En août, les actionnaires de Transat A. T. ont accepté l’offre bonifiée de 18 $ par action — soit environ 720 millions — proposée par le plus grand transporteur aérien au pays. La transaction fait toutefois l’objet d’un examen minutieux des autorités réglementaires puisqu’elle permettra à Air Canada de contrôler environ 62 % du marché transatlantique depuis le Canada.

Transports Canada a jusqu’au 2 mai pour se pencher sur la transaction — avec l’aide du Bureau de la concurrence — pour ensuite faire une recommandation au ministre des Transports, Marc Garneau.

« Tout semble se dérouler comme prévu », a souligné aux analystes financiers M. Pétrin, ajoutant que la conclusion de la transaction était attendue pour le deuxième trimestre de la prochaine année civile.

Sans prendre d’engagement ferme, Air Canada a dit avoir l’intention de préserver les marques Transat et Air Transat, et de maintenir son siège social à Montréal.

Abstraction faite des éléments non récurrents, le bénéfice par action ajusté de Transat A. T. a été de 72 cents au quatrième trimestre, par rapport à 36 cents à la même période il y a un an.

La performance de la société a dépassé les attentes des analystes, qui tablaient sur un profit ajusté par action de 69 cents sur un chiffre d’affaires de 676 millions, d’après les prévisions recueillies par la firme de données financières Refinitiv.

Dans une note, Benoit Poirier, de Desjardins marchés des capitaux, a estimé qu’il était encourageant de voir Transat A. T. terminer l’année financière sur une bonne note.

« Les perspectives pour la première moitié de 2020 sont encourageantes, a écrit l’analyste. À ce jour, la société a vendu 56 % de sa capacité (par rapport à 52 % l’an dernier), les réservations sont en hausse de 13,1 % et les coefficients d’occupation sont supérieurs de 3,4 %. »

Le voyagiste a néanmoins terminé l’exercice 2019 dans le rouge, même si ses revenus ont grimpé de 3,1 %, à 2,9 milliards.

Transat A. T. a perdu 33,2 millions, ou 88 cents par action, ce qui tient notamment compte d’une charge de 17,5 millions liée à la transaction avec Air Canada. En 2018, l’entreprise avait affiché un bénéfice net de 6,5 millions, ou 17 cents par action, lorsqu’elle avait profité d’un gain non récurrent de 31,3 millions après avoir vendu sa filiale Jonview.

Sur une base ajustée, la perte annuelle de la société s’est chiffrée à 9,4 millions, ou 25 cents par action, par rapport à 24 millions, ou 64 cents par action, en 2018.