Plus d’une trentaine d’employés du CN dénonçaient leurs conditions de travail devant le siège social de la compagnie au centre-ville de Montréal mardi matin.

Mayssa Ferah Mayssa Ferah
La Presse

C’est une septième journée de grève qui débute pour les cheminots qui déplorent des « conditions de travail dangereuses ».

Les manifestants affirment devoir composer avec des quarts de travail parfois non planifiés d’une durée variant entre 10 et 12 heures. Ils se sentent « surmenés et sous pression ». Un enjeu de sécurité, selon les chefs de train présents ce matin. Ils craignent que leur état de fatigue ait des conséquences fatales.

« Il n’y a pas de petites conséquences avec un train. Les risques quand un chauffeur est fatigué ce sont des blessures des morts, des collisions. On travaille toujours fatigués […] J’ai même déjà pleuré au téléphone parce que je refusais d’aller travailler », dénonce Jean-Gabriel Besner-Richer, employé du CN depuis 13 ans.

Plus de repos se solderait par une conséquence financière importante, ce qui pousse les cheminots à travailler malgré la fatigue.

M. Besner-Richer juge qu’une meilleure planification des horaires des trains est de mise. « Le transport est un milieu particulier. On est toujours sur le qui-vive. On a besoin d’une plus longue période de préavis avant de prendre la route », explique-t-il.

Actuellement, 1800 ingénieurs en locomotive sont disponibles. Ils sont soumis à une convention collective différente de celle des grévistes, explique M. Besner-Richer. Le CN, dit-il, pourrait utiliser ces effectifs pour le transport de propane, mais ne le fait pas. « Il y a des gens prêts à travailler en ce moment. La situation des agriculteurs est terrible et nous sommes solidaires avec eux. Quand le conflit sera réglé, nous serons les premiers à aller les servir. »

La compagnie essaye de couper plus dans le temps de repos et ça augmente les risques de déraillement, alors que les trains transportent parfois des matières dangereuses, s’indigne Pier-Luc Fillion, employé de la compagnie Walmart.

« Je suis ici car je trouve important que d’autres travailleurs viennent soutenir les chefs de trains. Ils luttent pour des enjeux importants de santé et de sécurité au travail. »